VIVRE EN ARGENTINE
Planches de choripán, saucisses grillées, poivron rouge et chimichurri avec un verre de vin rouge, sur une table de cuisine argentine

Cuisine argentine : plats typiques, alfajores, mate et où manger en Argentine

La cuisine argentine, c’est l’asado du dimanche, mais aussi les empanadas de chaque province, la milanesa des bodegones, le locro du Nord, les alfajores du kiosque et le mate qu’on se passe en cercle. Les plats à goûter, les douceurs, les boissons, où les manger et ce qu’ils coûtent en 2026.

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Photo : Los Muertos Crew, Pexels

Sommaire

Plats typiques de la cuisine argentine : ce qu’il faut goûter

La cuisine argentine se résume souvent à la viande, et c’est vrai qu’on mange du bœuf presque partout. Mais la table du quotidien est plus variée : des chaussons farcis qui changent de province en province, des plats italiens adoptés depuis un siècle, des ragoûts de maïs andins et une passion pour le sucré qui ne connaît pas d’heure. Voici les plats, douceurs et boissons à essayer, avec l’endroit où les trouver.

SpécialitéCe que c’estOù la manger
AsadoBœuf grillé lentement sur braisesParrilla, partout
EmpanadasChaussons farcis, au four ou fritsPartout, surtout le Nord-Ouest
ChoripánSaucisse grillée dans du painParrilla, stands de rue
ProvoletaProvolone fondu sur la grilleParrilla, en entrée
MilanesaEscalope panée, souvent napolitanaBodegón, maison
LocroRagoût de maïs, haricots et viandeNord-Ouest, fêtes du 25 mai et du 9 juillet
HumitaPurée de maïs frais, en feuille ou en cocotteSalta, Jujuy, Tucumán
CarbonadaRagoût de bœuf, légumes et fruits secsNord-Ouest, hiver
Pastel de papaHachis parmentier argentinBodegón, maison
Pizza porteñaPizza épaisse, très fromagéePizzerías de Buenos Aires
FugazzetaPizza farcie de fromage et d’oignonsPizzerías de Buenos Aires
Ñoquis del 29Gnocchis mangés le 29 du moisBodegón, maison
ChimichurriSauce persil, ail, origan, vinaigreSur la viande grillée
AlfajorDeux biscuits et du dulce de lecheKiosque, Havanna
Dulce de lecheConfiture de laitPartout
MedialunasPetits croissants sucrésCafé, panadería
PanquequesCrêpes roulées au dulce de lecheParrilla, bodegón
Flan mixtoFlan, crème et dulce de lecheBodegón
VigilanteFromage et pâte de coingBodegón
HeladoGlace italienne, vendue au poidsHeladería
MateInfusion de yerba partagéePartout, toute la journée
Fernet con cocaAmer italien allongé de colaBars, Córdoba
MalbecVin rouge, cépage phareMendoza, toutes les tables
Table dressée avec un plat d’empanadas dorées et des verres de vin rouge
Des empanadas et du vin rouge : le début classique d’un repas argentin.

Empanadas argentines : salteñas, tucumanas et variantes régionales

L’empanada est un chausson de pâte replié sur une farce, cuit au four ou frit. Son nom vient d’empanar, envelopper de pain, et la recette est arrivée d’Espagne avec les colons. Les Argentins en mangent environ 10 millions par jour, selon la chambre des fabricants de pâtes à empanadas (APYCE), et la carne suave (bœuf haché doux) reste la préférée devant le jambon-fromage et la carne cortada a cuchillo, le bœuf coupé au couteau. On les commande à la douzaine pour un repas entre amis, en entrée à la parrilla ou à l’unité dans la rue. Le Día de la Empanada se fête le 8 avril.

Chaque province défend sa recette, et entre Salta et Tucumán, la question de la meilleure empanada peut occuper tout un dîner. Dans un classement publié en 2025 par le site Visiting Argentina, la tucumana arrive première, devant la salteña et la santiagueña.

EmpanadaProvinceCe qui la distingue
TucumanaTucumánPâte fine, bœuf coupé au couteau, oignon, œuf dur, épices
SalteñaSaltaPetite et très juteuse, paprika et cumin, cuite au four
SantiagueñaSantiago del EsteroOlives, raisins secs, œuf, cuite au four d’argile
CordobesaCórdobaFarce légèrement sucrée, avec des raisins secs
PorteñaBuenos AiresGrand choix de saveurs : jamón y queso, humita, caprese, roquefort

À Buenos Aires, on reconnaît la farce à la forme du repulgue, le bord torsadé : chaque saveur a son pli, ce qui permet de trier une douzaine sans ouvrir les chaussons. Le « roquefort » des cartes est en réalité du fromage bleu local. Côté prix, la chaîne Mi Gusto vendait en septembre 2026 l’empanada à 5 200 ARS (environ 3 €) et la douzaine à 52 000 ARS, sauces comprises. Chez Don Julio, l’empanada de carne cortada a cuchillo coûtait 11 000 ARS en avril 2026.

Empanadas argentines dorées au four sur une planche en bois, avec leur bord torsadé (repulgue)
Le repulgue, le bord torsadé, indique la farce de chaque empanada.

Pour goûter les vraies salteñas et tucumanas, rien ne vaut le Nord-Ouest : les comedores de Salta et de Cafayate les servent sorties du four, avec une humita et un vin blanc torrontés. Notre guide du NOA argentin, de Salta à la Quebrada de Humahuaca, donne l’itinéraire.

Recette des empanadas de carne à l’argentine

  1. Faites revenir 2 oignons hachés dans un peu de graisse, ajoutez 500 g de bœuf coupé au couteau en petits dés, du paprika, du cumin et du sel.
  2. Laissez refroidir complètement la farce, puis ajoutez un œuf dur haché et quelques olives vertes.
  3. Garnissez une douzaine de disques de pâte (les tapas para empanadas se vendent toutes prêtes en Argentine), refermez et pincez le repulgue.
  4. Badigeonnez d’œuf battu et faites cuire 15 à 20 minutes à four chaud, 200 °C, jusqu’à ce qu’elles soient dorées.

Quelle viande manger en Argentine : asado, choripán et provoleta

Le bœuf est au centre de la table argentine, et le rituel qui l’entoure est l’asado : une cuisson lente sur braises, un asador qui tient le feu, une tablée qui attend. Les morceaux et leur équivalent français, la cuisson, le chimichurri et les meilleures parrillas de Buenos Aires sont détaillés dans notre guide de l’asado argentin. Au restaurant, les pièces les plus commandées sont le bife de chorizo (faux-filet), l’ojo de bife (entrecôte), le vacío (flanchet) et l’entraña (hampe).

Choripán, le sandwich de la parrilla

Le choripán (contraction de chorizo et de pan) est un chorizo de porc et de bœuf grillé, ouvert en deux et glissé dans un pain croustillant, nappé de chimichurri ou de salsa criolla (tomate, oignon, poivron, vinaigre). C’est l’en-cas des stades, des manifestations et des chantiers, et la première chose qui sort de la grille pendant un asado. À Buenos Aires, les carritos de la Costanera Sur, ces stands installés le long de la réserve écologique, en servent jour et nuit.

Choripán garni de sauce verte, servi avec des frites sur une planche en bois
Le choripán, servi avec chimichurri ou salsa criolla.

Provoleta, le fromage grillé de l’asado

La provoleta est une épaisse tranche de provolone, un fromage d’origine italienne, posée sur la grille ou dans un petit plat en fonte jusqu’à ce qu’elle fonde dedans et dore dehors. On la parsème d’origan et de piment et on la mange à la fourchette, en entrée, avant la viande. Chez Don Julio, la provoleta affinée coûtait 22 000 ARS (environ 13 €) en avril 2026, et elle se partage à deux ou trois.

Milanesa argentine : napolitana, a caballo et milanesa à volonté

La milanesa est une fine escalope de bœuf ou de poulet, passée dans l’œuf et la chapelure, puis frite ou cuite au four. Arrivée avec l’immigration italienne entre 1860 et 1920, elle se mange presque tous les jours : au déjeuner en famille, dans un sandwich (le sándwich de milanesa) ou au bodegón, avec une montagne de frites ou de purée.

La version vedette est la milanesa napolitana, recouverte de jambon, de sauce tomate et de mozzarella gratinée, avec de l’origan. Malgré son nom, elle n’a rien de napolitain : elle viendrait d’un restaurant de Buenos Aires des années 1940. La milanesa a caballo porte deux œufs au plat, la fugazzeta des oignons et du fromage, et la milanesa de soja est la version végétarienne qu’on trouve dans tous les supermarchés. Le plat a même sa fête, le Día de la Milanesa, le 3 mai.

Milanesa napolitana gratinée à la sauce tomate et à la mozzarella, avec frites, salade et riz
La milanesa napolitana, servie avec frites, plat vedette des bodegones.

Les grandes assiettes se partagent souvent. Certains bodegones de club en ont fait une formule : au bodegón du club Benito Nazar, à Villa Crespo (Antezana 340), la milanesa libre, à volonté, coûtait 25 000 ARS par personne (environ 15 €) en mars 2026, napolitana et a caballo comprises.

Locro et humita : les plats du Nord-Ouest argentin

Dans les Andes, la cuisine argentine change de visage. Le maïs, la courge et la pomme de terre, cultivés bien avant l’arrivée des Espagnols, dominent la table de Salta, Jujuy, Tucumán et Catamarca. Les plats sont plus épicés, plus mijotés, et souvent servis dans des pots en terre.

Locro, le ragoût des fêtes nationales

Le locro est un ragoût épais de maïs blanc, haricots, courge et viande (bœuf, porc, chorizo, parfois couenne et pied de porc), cuit des heures jusqu’à devenir crémeux. On le sert avec une huile rouge au paprika et à l’oignon, la quiquirimichi. C’est le plat patriotique : partout dans le pays, on le cuisine le 25 mai (révolution de 1810) et le 9 juillet (indépendance), en plein hiver austral. Les clubs et paroisses en vendent alors des portions à emporter.

Bol de ragoût de maïs, pommes de terre et viande servi sur une table en bois
Maïs, pommes de terre et viande mijotés : la base des ragoûts du Nord-Ouest comme le locro.

Humita, le maïs en feuille

L’humita est une pâte de maïs frais râpé, mélangée à de l’oignon, de la courge, du fromage et du basilic. Dans le Nord, on l’enveloppe dans des feuilles de maïs ficelées avant de la cuire à l’eau (humita en chala). Ailleurs, elle se sert en cocotte (humita en olla) ou en garniture d’empanada. C’est un plat de saison, préparé quand le maïs est tendre, à la fin de l’été. Chez Don Julio, l’empanada d’humita valait 9 000 ARS en avril 2026.

Carbonada et tamales

La carbonada est un ragoût de bœuf, maïs, courge et pommes de terre auquel on ajoute des pêches ou des abricots secs, servi parfois dans une citrouille évidée. Les tamales, cousins de l’humita, enferment une farce de viande dans la pâte de maïs. On les trouve dans les marchés de Salta et de Jujuy.

Pizza porteña, fainá et ñoquis : l’héritage italien de la cuisine argentine

Une grande partie des Argentins a un ancêtre italien, et ça se voit dans l’assiette. Buenos Aires a développé sa propre pizza, la pizza al molde : une pâte épaisse et moelleuse, cuite dans un moule, couverte d’une couche généreuse de mozzarella. La fugazza est couverte d’oignons sans fromage, la fugazzeta, farcie de fromage et coiffée d’oignons, est la spécialité maison. On la mange debout au comptoir (de parado), avec une part de fainá, une galette de farine de pois chiches posée sur la pizza, et un verre de moscato.

Les pizzerías historiques de l’avenue Corrientes, comme Güerrín (Corrientes 1368) ou Las Cuartetas, et El Cuartito, rue Talcahuano, servent cette pizza depuis les années 1930. Les pâtes fraîches restent elles aussi un repas du dimanche, et la tradition des ñoquis del 29 veut qu’on mange des gnocchis le 29 de chaque mois, en glissant un billet sous l’assiette pour attirer l’argent.

Pizza à la croûte épaisse recouverte de mozzarella gratinée, dans le style porteño
La pizza porteña, épaisse et très fromagée, se mange souvent au comptoir.

Alfajores argentins : Havanna, Cachafaz et alfajor de maicena

L’alfajor est deux biscuits ronds collés par une couche de dulce de leche, souvent enrobés de chocolat. C’est la douceur nationale : il s’en vend environ 12 millions par jour selon les chiffres du secteur relayés par iProfesional en mai 2026, soit une centaine par habitant et par an. On l’achète au kiosque pour le goûter, avec un café ou en dessert, et on en ramène des boîtes en souvenir.

Type d’alfajorDescription
De maicenaBiscuits tendres à la fécule de maïs, dulce de leche, bord roulé dans la noix de coco râpée. Le classique fait maison.
MarplatenseNé à Mar del Plata : biscuit au cacao, enrobage chocolat ou meringue. Havanna en est le symbole.
SantafesinoPlusieurs couches de pâte feuilletée sèche, glaçage blanc au sucre.
CordobésGarni de confiture de coing ou de prune plutôt que de dulce de leche, glaçage blanc.
TripleTrois biscuits, deux couches de garniture, version gourmande du kiosque.

Havanna, Cachafaz et les marques de kiosque

Parmi les marques industrielles, Havanna et Cachafaz sont celles que les Argentins citent le plus volontiers comme les meilleures. Havanna, née à Mar del Plata en 1947, vend ses alfajores dans ses propres cafés et dans les aéroports : la pièce coûtait 3 500 ARS (environ 2 €) et la boîte de 8 environ 28 000 ARS fin 2025. Cachafaz mise sur un chocolat plus noir et un biscuit plus moelleux. Au kiosque, les ventes sont dominées par des marques bien moins chères : Guaymallén et Fantoche se partagent près de la moitié du marché, avec des alfajores simples entre 450 et 600 ARS.

Alfajores enrobés de chocolat coupés en deux, montrant le fourrage au dulce de leche
Deux biscuits, du dulce de leche, du chocolat : l’alfajor classique.

Le meilleur alfajor du monde en 2026

Depuis quelques années, un Campeonato Mundial del Alfajor départage les fabricants à l’aveugle. Pour sa cinquième édition, en 2026, le jury a goûté plus de 420 échantillons et sacré un artisan de Catamarca, El Rodeo, pour un alfajor à la vanille, à la noix de coco et aux noix, garni de dulce de leche et de confiture de figue. Preuve que les meilleurs alfajores ne viennent pas toujours de Buenos Aires : dans les villes du Nord et de Córdoba, les boulangeries artisanales valent le détour.

Dulce de leche : la confiture de lait de tous les desserts argentins

Le dulce de leche est du lait et du sucre cuits lentement jusqu’à obtenir une crème épaisse couleur caramel. Les Argentins en mettent partout : dans les alfajores, les crêpes, les flans, les gâteaux (pionono, rogel, chocotorta), les glaces et sur une tranche de pain le matin. Il existe en version classique, plus liquide, et en version repostero, plus ferme, pour la pâtisserie.

Uruguayens et Argentins se disputent son invention, et la légende la plus racontée en Argentine place sa naissance en 1829, dans le camp du caudillo Juan Manuel de Rosas, quand une servante aurait oublié du lait sucré sur le feu. Au supermarché, les marques les plus vendues sont La Serenísima (gamme Estilo Colonial) et Sancor. Les fromageries artisanales comme La Quesería de la Pampa vendent des pots plus haut de gamme, à rapporter en soute.

Petit bol de dulce de leche posé sur un set de table rouge avec des biscuits
Le dulce de leche, base de presque tous les desserts argentins.

Desserts typiques argentins et facturas du goûter

Medialunas et facturas

Le petit-déjeuner argentin type est un café con leche et deux medialunas, petits croissants glacés au sirop. Elles existent en deux versions : de manteca (au beurre, sucrées, moelleuses) et de grasa (au saindoux, plus sèches et salées). Les facturas, viennoiseries vendues à la douzaine en panadería, comptent aussi les vigilantes, les bolas de fraile (beignets fourrés au dulce de leche) et les cañoncitos. On les partage le dimanche ou avec le mate. Dans la chaîne Café Martínez, la formule café au lait et deux medialunas coûtait 9 100 ARS (environ 5,40 €) en août 2026.

Flan mixto, panqueques et vigilante

Dans les bodegones et les parrillas, la carte des desserts est courte et ne change jamais. Le flan mixto est un flan aux œufs servi avec de la crème fouettée et du dulce de leche. Les panqueques con dulce de leche sont des crêpes roulées, parfois flambées au rhum (19 000 ARS chez Don Julio en avril 2026). Le vigilante, ou postre vigilante, est une tranche de fromage frais servie avec de la pâte de coing ou de patate douce : simple, salé-sucré et bon marché.

Helado : les glaces argentines au poids

Héritage italien, la glace argentine est crémeuse et dense, et elle se vend au poids : un quart, un demi ou un kilo, que les familles achètent pour le dessert et se font livrer jusque tard le soir. Le parfum le plus vendu est évidemment le dulce de leche, décliné en granizado (avec des copeaux de chocolat) ou en super dulce de leche. Freddo et Persicco sont les chaînes haut de gamme de Buenos Aires, Grido la chaîne populaire. Un kilo chez Freddo coûte autour de 30 000 ARS (environ 18 €) sur les applications de livraison.

Bacs de glace artisanale en inox avec leurs spatules dans une heladería
Les heladerías vendent leurs glaces au poids, jusque tard le soir.

Mate argentin : rituel, bombilla, yerba et vocabulaire pour un invité

Le mate est la boisson nationale. On le boit au bureau, au parc, en voiture, au bord de la plage, seul ou en cercle. C’est une infusion de yerba mate, feuilles séchées et broyées d’un houx d’Amérique du Sud cultivé à Misiones et Corrientes, bue à travers une paille filtrante dans une petite calebasse. En 2025, l’Institut national de la yerba mate (INYM) a compté 266,8 millions de kilos consommés dans le pays, en hausse sur 2024 mais sous le record de 2023 (285,4 millions), et un record d’exportation à 58 millions de kilos.

Mate en calebasse avec bombilla métallique et thermos à côté d’un asado sur les braises
Le mate, la bombilla et le thermos (termo) ne quittent jamais le sac.

Le matériel du mate : calebasse, bombilla et termo

Le récipient s’appelle aussi un mate : une calebasse séchée, un bois de palo santo, un gobelet en céramique, en verre ou en inox. On boit à travers la bombilla, une paille en métal dont l’embout filtre les feuilles. L’eau chaude vient d’un termo, et le tout se transporte dans une matera, le sac à mate. Une calebasse naturelle se « soigne » (curar) avant le premier usage en la remplissant de yerba humide pendant une journée.

Préparer un mate : yerba, eau chaude et premier tour

  1. Remplissez la moitié ou les deux tiers du mate de yerba.
  2. Couvrez avec la main, retournez et secouez pour faire remonter la poussière, puis penchez la yerba d’un côté.
  3. Versez un peu d’eau tiède dans le creux pour humidifier, puis plantez la bombilla, embout couvert avec le pouce.
  4. Versez l’eau chaude, entre 70 et 80 °C, jamais bouillante : elle brûlerait la yerba et la rendrait amère.
  5. Le premier mate, le plus fort et chargé de poussière, est pour le cebador, qui le boit ou le recrache.

La plupart des Argentins le boivent amargo, sans sucre. Le mate dulce, avec un peu de sucre ou de miel, est plus courant dans le Nord et à la campagne, et certains ajoutent une écorce d’orange ou des herbes (menthe, cedrón).

Invité à un mate : les règles et le vocabulaire à connaître

Pour un expatrié ou un voyageur, être invité dans une ronda de mate est un signe d’accueil, et l’étiquette est précise. Une seule personne, le cebador, prépare et sert chaque tour à tour de rôle. Vous buvez tout le contenu, jusqu’au petit bruit d’aspiration, et vous lui rendez le mate. Ne touchez pas la bombilla pour remuer, ne laissez pas le mate refroidir en parlant, et ne le passez pas à votre voisin.

Mot ou phraseSens dans une ronda de mate
CebarPréparer et servir le mate
Cebador, cebadoraCelui ou celle qui sert, et qui décide de l’ordre
¿Tomás mate?Tu bois du mate ? (invitation à rejoindre le cercle)
GraciasJe n’en veux plus : à ne dire que pour sortir du tour
Está lavadoLe mate est délavé, il faut changer la yerba
Amargo / dulceSans sucre / avec sucre
TermoLe thermos d’eau chaude
BombillaLa paille en métal qui filtre
MatearBoire le mate, passer un moment autour du mate

Pour une initiation encadrée, des séances à Buenos Aires apprennent à préparer le mate et à goûter plusieurs yerbas avec des viennoiseries.

  • Le rituel du maté dans un bar gaucho

    Départ : Buenos Aires

    Buenos Aires : découvrez le rituel du maté dans un bar de style gaucho

    • 4,9 (375 avis)
    • 1 h 30
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    dès 26 €/ pers.

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Fernet con coca : la boisson de Córdoba

Le fernet est un amer italien aux herbes, très foncé, arrivé avec les immigrés au début du XXe siècle. Les Argentins l’ont transformé en cocktail national : le fernet con coca, un tiers de fernet, deux tiers de cola et beaucoup de glace, servi dans un grand verre et partagé en soirée. La province de Córdoba en est la capitale : elle pèse environ 35 % du volume vendu dans le pays, selon Kantar. La marque dominante est Fernet Branca, dont l’usine de Tortuguitas, en banlieue de Buenos Aires, est la plus grande du groupe.

Le bon dosage se discute autant que la recette des empanadas : on verse le fernet sur la glace, puis le cola doucement, en inclinant le verre pour limiter la mousse. Au supermarché, la bouteille de Fernet Branca de 750 ml coûte environ 19 000 ARS (11 €) en 2026.

Verre de fernet con coca avec une épaisse mousse, bouteille de Fernet Branca et glaçons
Le fernet con coca, boisson des soirées argentines.

Malbec et vins argentins : que boire avec la cuisine argentine

Le malbec, le côt du Sud-Ouest de la France, a trouvé en Argentine sa terre d’élection depuis son introduction au XIXe siècle. Il représente 60 à 64 % des exportations de vin argentin, et la majorité de ses vignes se trouve dans la province de Mendoza, au pied des Andes. Rouge charnu aux notes de prune et de violette, c’est le compagnon naturel de l’asado. Le 17 avril est le Día Mundial del Malbec.

Les autres vins à connaître : le torrontés, blanc aromatique de Cafayate, dans la province de Salta, le bonarda et le cabernet franc de Mendoza. En supermarché, un malbec d’entrée de gamme se trouve autour de 4 500 à 5 300 ARS (environ 3 €). Pour visiter les bodegas, la vallée de l’Uco et Luján de Cuyo, voyez notre guide de Mendoza et de ses bodegas.

Vignes de Mendoza devant la cordillère des Andes enneigée
Vignobles de Mendoza au pied des Andes, berceau du malbec argentin.
  • Trois bodegas et huilerie d'olive avec dégustations

    Départ : Mendoza

    Au départ de Mendoza : 3 vignobles, visite et dégustation d'une usine d'huile d'olive

    • 4,7 (1 409 avis)
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  • Cafayate et Quebrada de las Conchas depuis Salta

    Départ : Salta

    Depuis Salta : Cafayate, terre de vins et de ravins imposants

    • 4,4 (582 avis)
    • 12 h
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Où manger en Argentine : parrilla, bodegón, pizzería et heladería

En Argentine, on dîne tard : rarement avant 21 heures, et les restaurants se remplissent vers 22 heures. Entre le déjeuner et le dîner, la merienda (goûter) vers 17 heures comble le creux avec un café, des medialunas ou un alfajor. Chaque type d’établissement a sa spécialité, et savoir où aller évite de commander une milanesa dans une parrilla chic ou une viande médiocre dans un café.

Parrilla : la viande grillée

La parrilla sert la viande grillée, les achuras, la provoleta, les salades et les panqueques. Du restaurant de quartier aux adresses courues de Palermo, c’est l’endroit pour l’asado. Notre sélection des parrillas de Buenos Aires par quartier est dans le guide de l’asado argentin.

Bodegón : la cuisine du quotidien

Le bodegón est le bistrot populaire hérité des immigrés espagnols et italiens : nappes en papier, jambons suspendus, serveurs en gilet et portions gigantesques. On y mange milanesas, pastel de papa, tortilla, pâtes fraîches, ñoquis et flan mixto. Beaucoup appartiennent à des clubs de quartier, qui pratiquent les prix les plus bas.

Pizzería, heladería et confitería

Les pizzerías porteñas se trouvent surtout autour de l’avenue Corrientes, dans le centre de Buenos Aires. Les heladerías restent ouvertes tard, souvent après minuit en été. Les confiterías et cafés notables, comme le Tortoni ou Las Violetas, servent le café avec medialunas dans des salles Belle Époque, tandis que les panaderías de quartier vendent facturas et alfajores maison à prix doux.

Comedor du Nord et marchés

Dans le Nord-Ouest, le comedor familial et les marchés municipaux (le mercado San Miguel de Salta, par exemple) sont les meilleurs endroits pour le locro, les humitas et les tamales. Dans la rue, les carritos vendent choripán et bondiola (sandwich d’échine de porc), notamment le long de la Costanera Sur à Buenos Aires.

Pour découvrir tout ça en une demi-journée, une balade gourmande guidée à Palermo enchaîne plusieurs adresses de quartier, et un cours de cuisine apprend à plier les empanadas et monter des alfajores.

  • Balade gourmande dans Palermo

    Départ : Buenos Aires

    Buenos Aires : aventure gastronomique locale avec Sherpa Food Tours

    • 4,9 (849 avis)
    • 3 h 30
    • Annulation gratuite

    dès 75 €/ pers.

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  • Cours de cuisine empanadas et alfajores

    Départ : Buenos Aires

    Buenos Aires : Cours de cuisine guidée Empanadas et Alfajores

    • 4,7 (726 avis)
    • 3 h
    • Annulation gratuite

    dès 33 €/ pers.

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Prix d’un repas en Argentine en 2026

Avec l’inflation, les prix en pesos bougent chaque mois : ceux-ci viennent de cartes et de relevés de presse datés de 2026 (fin 2025 pour Havanna), convertis à environ 1 700 ARS pour 1 €. Ils donnent l’ordre de grandeur, à vérifier sur place. Pour le cours du jour, voyez notre page sur le taux de change du peso.

Ce que vous commandezPrix en pesosEn eurosSource et date
Alfajor de kiosque (simple)450 à 600 ARS≈ 0,30 €iProfesional, mai 2026
Alfajor Havanna (pièce)3 500 ARS≈ 2 €Canal 26, déc. 2025
Empanada (chaîne Mi Gusto)5 200 ARS≈ 3 €iProfesional, sept. 2026
Douzaine d’empanadas (Mi Gusto)52 000 ARS≈ 31 €iProfesional, sept. 2026
Café au lait et 2 medialunas (Café Martínez)9 100 ARS≈ 5,40 €Carte de livraison, août 2026
Menu du midi (menu ejecutivo)15 900 à 48 000 ARS≈ 9 à 28 €El Cronista, oct. 2026
Milanesa à volonté (bodegón de club)25 000 ARS≈ 15 €Canal 26, mars 2026
Provoleta (Don Julio)22 000 ARS≈ 13 €iProfesional, avril 2026
Bife de chorizo (Don Julio)82 000 ARS≈ 48 €iProfesional, avril 2026
Dîner pour deux (Don Julio)≈ 310 000 ARS≈ 180 €Estimation iProfesional, avril 2026
Bouteille de malbec (supermarché, entrée de gamme)4 500 à 5 300 ARS≈ 3 €Prix en ligne 2026
Fernet Branca 750 ml (supermarché)≈ 19 000 ARS≈ 11 €Coto en ligne, 2026

Le meilleur rapport qualité-prix reste le menu ejecutivo du midi, en semaine : entrée, plat et boisson, parfois dessert ou verre de vin. Au restaurant, ajoutez le cubierto, le couvert facturé par personne (6 000 ARS chez Don Julio en avril 2026), et un pourboire d’environ 10 %, souvent laissé en espèces. Pour le budget courses et restaurants au quotidien, voyez notre page sur le coût de la vie en Argentine.

Questions fréquentes sur la cuisine argentine

Quel est le plat typique argentin ?

L’asado, la viande de bœuf grillée lentement sur des braises, est le plat national. Juste derrière viennent les empanadas, chaussons farcis que chaque province prépare à sa façon, et la milanesa, l’escalope panée héritée des immigrés italiens. Dans le Nord-Ouest, le locro, un ragoût de maïs, de haricots et de viande, est le plat des fêtes nationales du 25 mai et du 9 juillet.

Quel est le dessert typique de l’Argentine ?

Tout tourne autour du dulce de leche, la confiture de lait. On le trouve dans l’alfajor, deux biscuits collés par du dulce de leche, dans les panqueques (crêpes roulées), le flan mixto, les glaces et les viennoiseries. Le vigilante, une tranche de fromage frais avec de la pâte de coing ou de patate douce, est le dessert le plus simple des bodegones.

Quelle est la boisson typique argentine ?

Le mate, une infusion de yerba mate bue dans une calebasse avec une paille en métal (la bombilla), que l’on partage en cercle. Au bar et en soirée, c’est le fernet con coca, surtout à Córdoba. À table, le vin rouge, et d’abord le malbec, cépage emblématique de Mendoza.

Quelle viande manger en Argentine ?

Le bœuf avant tout. Au restaurant, les morceaux les plus commandés sont le bife de chorizo (faux-filet), l’ojo de bife (entrecôte), le vacío (flanchet) et l’asado de tira (plat de côtes coupé en travers). Le chorizo se mange en choripán, et en Patagonie l’agneau grillé en croix remplace souvent le bœuf.

Comment se comporter quand on est invité à un mate ?

Laissez le cebador, celui qui prépare, servir chaque tour. Buvez toute l’eau du mate jusqu’au petit bruit d’aspiration, puis rendez-le-lui sans toucher ni remuer la bombilla. Ne dites pas « gracias » à chaque tour : en Argentine, « gracias » veut dire que vous ne voulez plus de mate. Et ne passez pas le mate à votre voisin, il retourne toujours au cebador.

Combien coûte un repas en Argentine en 2026 ?

À Buenos Aires, un menu du midi (menu ejecutivo) coûte de 15 900 à 48 000 ARS en 2026, soit environ 9 à 28 €. Une empanada vaut environ 5 200 ARS dans une chaîne comme Mi Gusto (3 €). Dans une parrilla réputée comme Don Julio, comptez environ 310 000 ARS pour deux avec viande, accompagnements et dessert, soit 180 € environ.

Quelles sont les recettes typiques de la cuisine argentine ?

Les recettes faites à la maison sont les empanadas (pâte, farce de bœuf haché au couteau, oignon, œuf dur, olives), la milanesa, le locro, le pastel de papa (hachis parmentier), les ñoquis du 29 de chaque mois, le flan au dulce de leche et les alfajores de maicena. Le chimichurri, sauce de persil, ail, origan, vinaigre et huile, accompagne la viande grillée.

Où acheter des alfajores Havanna ?

Dans les boutiques-cafés Havanna, présentes dans toutes les grandes villes et dans les aéroports d’Ezeiza et d’Aeroparque. Fin 2025, la pièce coûtait 3 500 ARS et la boîte de 8 environ 28 000 ARS. Les kiosques et supermarchés vendent des alfajores bien moins chers, de 450 à 1 200 ARS pièce selon la marque.