Vivre en Argentine
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Création d'entreprise

Créer sa société en Argentine : SRL, SA, SAS

Vous voulez entreprendre en Argentine sous une vraie société, et pas seulement facturer en indépendant ? Le pays vous laisse trois formes juridiques principales quand vous arrivez de l'étranger : la SRL, proche de notre SARL, la SA (société anonyme) et la SAS (société par actions simplifiée). Chacune a ses associés, son capital de départ et ses délais. Bonne nouvelle : les trois limitent votre responsabilité à vos apports, votre patrimoine personnel reste à l'abri des dettes de la société. Le vrai arbitrage porte donc sur le nombre d'associés, la lourdeur de gestion et le budget que vous êtes prêt à y mettre. On regarde ensemble laquelle colle à votre projet et comment la monter sans vous perdre dans l'administration argentine.

Un étranger peut-il créer une société en Argentine ?

Oui, et vous n'avez pas besoin du passeport argentin pour ça. Un non-résident peut détenir des parts et diriger une société sur place. Ce qu'on vous demande : un CUIT, un domicile légal dans le pays et, selon la forme retenue, un ou plusieurs associés. Ce domicile légal doit correspondre à une adresse réelle sur le territoire argentin, pas à une simple boîte postale. La SAS est la structure la plus rapide et la moins chère à constituer, parfois en quelques jours et entièrement en ligne, alors que la SRL reste la plus répandue pour une activité classique menée à plusieurs. Si votre besoin se limite à facturer comme indépendant, sans monter de société, tournez-vous plutôt vers le monotributo.

Les 3 principales formes juridiques

Quand vous entreprenez depuis l'étranger, trois structures reviennent presque toujours dans les échanges avec votre avocat ou votre contador. Elles partagent la même logique de responsabilité limitée et le même passage obligé par un contador pour la partie fiscale ; ce qui change, c'est la souplesse, le coût et le nombre d'associés. Voici ce qui les distingue :

  • SRL (Sociedad de Responsabilidad Limitada) :l'équivalent de notre SARL. Il vous faut au moins deux associés et un capital de départ symbolique. Elle convient bien aux PME et aux petites structures qui se lancent à plusieurs. Sa gestion reste un peu plus encadrée que celle de la SAS.
  • SA (Sociedad Anónima) :l'équivalent de la SA française. Elle repose sur plusieurs actionnaires et ouvre plus facilement la porte au capital-risque. En contrepartie, elle coûte plus cher et demande une gestion plus lourde. Visez-la si vous montez une structure d'envergure ou si vous préparez une levée de fonds.
  • SAS (Sociedad por Acciones Simplificada) :née en 2017, elle autorise un associé unique et se crée à 100 % en ligne, via la plateforme officielle, avec un délai théorique de 24 heures. C'est la porte d'entrée naturelle pour les startups et les entrepreneurs qui démarrent seuls.

La SAS : pourquoi c'est le meilleur choix pour la plupart

Pour la plupart des entrepreneurs étrangers qui s'installent en Argentine, la SAS coche le plus de cases. Elle n'est pas la réponse universelle, mais elle réduit au minimum les frottements au démarrage. Voici pourquoi elle revient si souvent :

  • Un associé unique suffit, vous n'avez personne à convaincre de vous suivre.
  • Tout se fait en ligne, sans déplacement physique obligatoire pour la constitution.
  • Le capital de départ peut se limiter à 1 ARS, une somme purement symbolique.
  • Les statuts restent souples, vous calez la gouvernance sur votre façon de travailler.
  • Le délai théorique est très court (24 à 48h), même si la réalité administrative rallonge souvent l'attente.

Procédure de création

Monter votre société passe par une série d'étapes assez balisées. Gardez sous la main votre passeport, votre justificatif de domicile et votre CUIT : on vous les redemandera à plusieurs reprises. Voici l'enchaînement pour suivre l'avancement de votre dossier :

  • Déposez les statuts et enregistrez la société auprès de l'IGJ (Inspección General de Justicia) à Buenos Aires, ou auprès de l'organisme provincial équivalent si vous êtes dans une autre province.
  • Faites rédiger les statuts constitutifs. Pour une SAS, vous partez du formulaire standard ou d'une version personnalisée.
  • Publiez la constitution au Boletín Oficial, le Journal officiel argentin.
  • Récupérez le CUIT de la société, son numéro fiscal, auprès de l'AFIP.
  • Ouvrez un compte bancaire professionnel au nom de la société pour ses opérations courantes.

Coûts et délais

Voici des ordres de grandeur pour 2026. Voyez-les comme des repères, pas comme des montants figés, et faites-les confirmer par un professionnel sur place. Les honoraires locaux se négocient souvent en pesos et suivent l'inflation, alors raisonnez plutôt en dollars pour comparer d'une année sur l'autre :

  • SAS :comptez 5 à 15 jours en théorie, mais souvent 1 à 3 mois dans les faits, le temps que l'administration suive.
  • Frais de notaire et inscription à l'IGJ : autour de 500 à 2 000 USD (indicatif 2026).
  • Honoraires d'un avocat ou d'un conseiller spécialisé : 1 000 à 3 000 USD de plus. On vous les conseille vraiment, ils vous épargnent des allers-retours coûteux.
  • SRL et SA : tablez sur 30 à 90 jours, pour un budget comparable ou un peu plus élevé.

Conditions pour les étrangers

Avant de vous lancer en tant qu'étranger, vérifiez que vous avez ces trois éléments en main. Sans eux, votre dossier cale avant même d'atteindre le guichet de l'IGJ :

  • Une résidence légale avec DNI et CUIT argentin à votre nom. Si vous n'êtes pas encore résident, il vous faudra un associé argentin doté de pouvoirs étendus pour agir à votre place.
  • Un contador (expert-comptable argentin). Il est obligatoire pour tenir la comptabilité et produire vos déclarations fiscales, mensuelles comme annuelles.
  • Un compte bancaire professionnel argentin, au nom de la société, pour faire tourner son activité.

Comparatif des formes juridiques

CritèreSASSRLSA
Associé uniqueOuiNon (2 min.)Non (2 min.)
Capital minimum1 ARSVariableVariable
Création en ligneOuiNonNon
Délai5-30 jours30-90 jours30-90 jours
ComplexitéFaibleMoyenneElevée
Idéal pourStartups, soloPME traditionnellesGrandes structures
Attention
Créer une entreprise en Argentine, c'est aussi accepter des obligations comptables et fiscales sérieuses tout au long de sa vie. Une société comme la SAS ou la SRL doit déclarer et publier ses comptes chaque année, y compris les mois sans chiffre d'affaires, sous peine de pénalités. Un contador (expert-comptable) argentin est obligatoire pour la gestion fiscale, et un avocat spécialisé vous fera gagner du temps sur les statuts et l'enregistrement. Faites le point avec eux avant de vous lancer.

Questions fréquentes