Comptez deux à trois jours en partant de Puerto Madryn ou de Puerto Pirámides. Les baleines franches sont là de juin à décembre, avec un pic en septembre et octobre. Les manchots de Magellan occupent les colonies de septembre à mars, et les orques de Punta Norte ne se laissent voir qu'en mars-avril : impossible de tout cocher en un seul voyage, il faut choisir sa saison.
Les baleines franches australes
La baleine franche australe (Eubalaena australis) doit son nom aux baleiniers, qui la jugeaient la « bonne » baleine à harponner : lente, riche en graisse et flottant une fois morte. Presque exterminée, l'espèce se compte aujourd'hui autour de 15 000 individus, dont plus de 400 reviennent chaque hiver austral dans les eaux calmes du Golfe Nuevo et du Golfe San José. Un adulte atteint 15 mètres et peut peser jusqu'à 60 tonnes ; on le reconnaît aux callosités blanchâtres de sa tête, dont le dessin est propre à chaque animal, comme une empreinte.
Quand observer les baleines
De juin à août, les premiers couples arrivent et les mâles rivalisent autour des femelles. Septembre et octobre forment le pic : les mères nagent avec un baleineau né sur place, et c'est la meilleure fenêtre pour voir les sauts, les coups de nageoire et le sailing, quand l'animal dresse sa queue au vent comme une voile. En novembre et décembre, les groupes repartent peu à peu vers les eaux de l'Antarctique. Si vous ne pouvez venir qu'une fois, visez la fin septembre.
Excursions en bateau depuis Puerto Pirámides
Puerto Pirámidesest le seul village de la péninsule, 700 habitants et une poignée d'opérateurs agréés alignés au bord de la plage. Les sorties partent en zodiac ou en bateau semi-rigide, durent entre 1h30 et 2h et s'approchent à 30 mètres des baleines au maximum, moteur coupé si un animal vient de lui-même. En septembre-octobre, réservez au moins la veille et prenez un créneau tôt le matin, quand la mer est la plus calme : le vent de l'après-midi fait souvent annuler les départs. Coupe-vent et vêtements chauds sont indispensables, même sous le soleil.
Les autres espèces de la péninsule
Les orques de Punta Norte
À Punta Norte, et plus rarement à Caleta Valdés, quelques orques ont mis au point une technique de chasse spectaculaire : elles se jettent volontairement sur la grève pour saisir un jeune otarie, puis se laissent rembarquer par la vague suivante. Ce comportement, filmé pour la première fois ici, ne s'observe que sur de rares grandes marées de mars et avril, quand les jeunes pinnipèdes s'aventurent dans l'eau. Rien n'est garanti : il faut de la patience, un peu de chance et de bons horaires de marée.
Punta Tombo, la plus grande colonie de manchots
Punta Tombo se trouve à 170 km au sud de Puerto Madryn, en dehors de la péninsule proprement dite : comptez une bonne heure et demie de route, le plus souvent en excursion à la journée. La réserve abrite la plus grande colonie continentale de manchots de Magellan, un demi-million à un million d'oiseaux au plus fort de la saison, d'octobre à mars. Passerelles et sentiers balisés traversent la colonie ; les manchots, habitués au passage, trottinent à un mètre de vos pieds, mais on ne les touche pas et on leur cède le passage.
La péninsule héberge aussi des otaries à crinière, en colonies permanentes à Punta Norte et Punta Pirámide, et des éléphants de mer du sud, les plus gros phoques du monde, avec des mâles de 4 à 6 mètres de long. On les voit surtout à Caleta Valdés, vautrés sur les plages de galets pendant la saison de reproduction, de septembre à novembre. Ajoutez à cela des cormorans, des guanacos et des maras qui traversent la steppe, et une foule d'oiseaux de rivage : gardez les jumelles à portée de main.
Puerto Madryn, votre camp de base
Puerto Madryn, 80 000 habitants, fondée par des colons gallois en 1865, est la porte d'entrée classique de la région. La ville s'étire le long d'une grande baie, avec une promenade en bord de mer, des agences d'excursion à chaque coin de rue et des loueurs de voitures pour rejoindre la péninsule par vos propres moyens. L'Ecocentro, petit musée marin perché sur une falaise au sud de la ville, donne une bonne mise en contexte avant de partir en mer. Côté table, goûtez la centolla (araignée de mer de Patagonie) et les mejillones (moules) de la baie, servis dans les restaurants du front de mer. Et depuis El Doradillo, plage à une quinzaine de kilomètres au nord, on aperçoit parfois les baleines depuis le sable, sans bateau ni billet.
