Comptez 3 à 4 jours pour combiner la route des vins et un aperçu des Andes. Réservez vos dégustations une à deux semaines à l'avance : beaucoup de bodegas, surtout dans la Valle de Uco, ne reçoivent que sur rendez-vous. L'automne (mars et avril) tombe pendant les vendanges et la Fiesta Nacional de la Vendimia ; janvier, lui, peut grimper jusqu'à 38°C.
La route des vins de Mendoza
La ville se traverse vite : des avenues bordées de platanes et d'acequias, ces canaux d'irrigation hérités des Huarpes, la Plaza Independencia en son centre et, à l'ouest, le grand Parc General San Martín, dont le Cerro de la Gloria domine la plaine et la cordillère. Mais l'essentiel se joue autour. La province produit environ 70% du Malbec argentin, réparti sur trois zones aux caractères bien distincts. Pour les relier, une voiture de location ou une agence avec chauffeur reste le plus pratique : les bodegas s'éparpillent sur des dizaines de kilomètres, et goûter du vin toute la journée ne va pas avec le volant. Vérifiez les horaires avant de partir, car plusieurs domaines ferment un jour par semaine.
Luján de Cuyo, les grands crus
Au sud de la ville, Luján de Cuyo a bâti la réputation du Malbec mendozin. C'est là, entre 900 et 1 100 mètres, que poussent certaines des plus vieilles vignes et que se sont installées les maisons les plus connues. Catena Zapata, reconnaissable à son bâtiment en forme de pyramide maya, se visite sur réservation prise longtemps à l'avance ; comptez de 40 à 80 USD selon les vins dégustés. Les voisines Achaval-Ferrer et Luigi Bosca proposent des formules plus abordables. Pour dormir ou dîner entre deux visites, le village de Chacras de Coria, ombragé et tranquille, fait une bonne halte.
La Valle de Uco, altitude et fraîcheur
À une heure et demie au sud de Mendoza, la Valle de Uco grimpe entre 1 100 et 1 500 mètres, au pied direct des Andes. L'altitude et les nuits froides donnent des vins plus tendus, plus frais. C'est la zone qui a le plus changé en vingt ans. Zuccardi Piedra Infinita, à Paraje Altamira, a été classée plusieurs fois parmi les meilleurs vignobles du monde, et son architecture de pierre et de béton mérite le déplacement à elle seule. Salentein, fondée par des Hollandais, associe dégustation et galerie d'art ; The Vines of Mendoza vise le haut de gamme, déjeuner compris. Les distances sont réelles : prévoyez une voiture ou une excursion organisée, et deux à trois bodegas par jour suffisent.
Maipú à vélo
À une vingtaine de minutes à l'est du centre, Maipú est la zone la plus simple et la moins chère à parcourir. On y loue un vélo pour la journée, souvent chez Mr Hugo, une institution du coin, et on relie à son rythme bodegas, moulins à huile d'olive et petits ateliers de liqueurs. Les arrêts sont proches et le terrain plat. C'est l'option idéale sans voiture et avec un budget serré : quelques dégustations à 10 ou 15 USD, un déjeuner sur place, un retour en bus ou en taxi le soir. Un conseil honnête : gardez la main légère sur les verres, le chemin du retour se fait à vélo.
L'Aconcagua et la haute montagne
Vers l'ouest, la Ruta 7 s'enfonce dans les Andes en direction du Chili. Elle passe par Potrerillos et Uspallata, longe le Puente del Inca et sa curieuse arche minérale ocre, puis atteint l'entrée du Parc Provincial Aconcagua, à environ 180 kilomètres de Mendoza. Le sommet culmine à 6 960 mètres, le plus haut des Amériques. L'ascension demande près de trois semaines et un vrai encadrement, mais une randonnée à la journée jusqu'au mirador, face à la paroi sud et à la Laguna Horcones, reste à la portée de tous entre novembre et mars. La même Ruta 7 continue jusqu'à Santiago du Chili par le tunnel du Cristo Redentor, quelque 360 kilomètres de route splendide, parfois coupée par la neige en hiver. Plus près de la ville, le Río Mendoza et la retenue de Potrerillos se prêtent au rafting : une demi-journée en eaux vives, en général de septembre à avril, pour trente à cinquante dollars environ.
Las Leñas, le ski
Le ski se pratique loin de la ville, à environ 400 kilomètres au sud, dans le département de Malargüe. Las Leñas, dont les remontées montent jusqu'à 3 430 mètres, est connue pour sa neige sèche et son hors-piste engagé, qui attire des skieurs venus de loin. La saison va de juin à septembre. C'est l'une des stations les plus chères d'Argentine, forfait et hébergement compris, et la route depuis Mendoza prend une bonne demi-journée. À réserver si le ski est votre vraie raison de venir, pas comme extension improvisée d'un séjour vin.
Bien manger à Mendoza
La table locale tourne autour du feu de bois, du vin et des produits de la vallée. Dans les parrillas, on commande volontiers du cabrito (chevreau) rôti, spécialité de la province, de la truite des Andes ou des légumes grillés. L'huile d'olive de Maipú, les olives de la variété Arauco et les fruits secs de la région accompagnent l'apéritif. Au déjeuner, quelques empanadas et une bouteille de la maison font un repas simple et généreux. Beaucoup de bodegas servent aussi à manger au milieu des vignes, plats et accords de vins réunis : c'est souvent le meilleur repas du voyage. Pour un dîner marquant, 1884de Francis Mallmann, installé dans une ancienne cave, reste l'adresse la plus réputée ; mais on mange très bien, souvent pour moitié moins cher, à Chacras de Coria ou Godoy Cruz. Le soir, réservez, surtout en haute saison.
