VIVRE EN ARGENTINE
Asado argentin sur une parrilla : asado de tira, vacío et chinchulines grillés au-dessus des braises, avec un feu de bois au fond

Asado argentin : rituel, morceaux, cuisson et où le manger à Buenos Aires

L’asado, c’est la grillade du dimanche que tout Argentin défend : du bœuf cuit lentement sur des braises, un asador qui tient le feu et une tablée qui attend. Les morceaux et leur nom en espagnol, la cuisson, le chimichurri, les bonnes parrillas de Buenos Aires et les prix 2026.

Mis à jour le

Sommaire

Qu’est-ce qu’un asado argentin : le repas, le feu et l’asador

Le mot asado vient de asar, griller. En Argentine, il désigne trois choses à la fois : une technique de cuisson lente sur braises, la viande qu’on en tire et le repas qui réunit la famille ou les amis, le plus souvent le dimanche midi. Un asado ne se prépare pas en vingt minutes. On allume le feu, on boit un verre de vin ou un fernet en attendant les braises, on grignote les premières saucisses debout près de la grille, et la viande arrive à table une à deux heures plus tard.

C’est le pilier de la cuisine argentine, presque le plat national de l’Argentine et de l’Uruguay, et on le retrouve au Paraguay, dans l’est de la Bolivie et le sud du Brésil. À la différence du barbecue français, la viande ne cuit pas vite à feu vif : elle reste longtemps sur la grille, assez haut au-dessus de braises tenues à chaleur douce, et sort dorée dehors, juteuse dedans.

Un asador surveille l’énorme parrilla d’un asado où des pièces de bœuf cuisent à la verticale devant le feu, en Argentine
L’asador règle le feu et décide quand chaque pièce sort.

L’asador, maître de la parrilla

L’asador est celui qui fait l’asado. Il choisit la viande chez le boucher, allume le feu, règle les braises et décide quand chaque pièce sort. On ne touche pas à sa grille et on ne lui donne pas de conseils. En fin de repas, la tablée l’applaudit : le « ¡un aplauso para el asador! » fait partie du rituel. Un asado raté se reconnaît vite : brûlé dehors et cru dedans, signe que l’asador a cuit sur la flamme au lieu d’attendre les braises.

Déroulé d’un asado : des achuras à la viande

Le repas suit un ordre presque immuable. D’abord les achuras et les saucisses, qui cuisent vite : chorizo, morcilla, parfois mollejas et chinchulines. Le chorizo se mange souvent en choripán, dans un morceau de pain avec du chimichurri. Viennent ensuite les grosses pièces, servies sur une planche de bois au milieu de la table et coupées pour tout le monde. Les accompagnements restent simples : salade mixte (laitue, tomate, oignon), pommes de terre ou patates douces cuites sous la cendre, pain. Le vin est presque toujours un rouge, souvent un malbec de Mendoza.

Asado ou parrilla : quelle différence ?

La parrilla est la grille en fer sur laquelle on cuit, et par extension le restaurant qui sert de la viande grillée. L’asado est le repas et la viande. On dit « hacer un asado » (faire un asado) chez soi, et « ir a una parrilla » (aller dans une parrilla) quand on mange dehors. La parrillada est le plateau mixte servi au restaurant, avec viandes et achuras réunies sur un petit gril posé sur la table.

Origine de l’asado : les gauchos de la pampa

Les premières vaches arrivent dans le Río de la Plata en 1556. Deux siècles plus tard, on compte des dizaines de millions de bêtes en liberté dans la pampa. Les gauchos, cavaliers et gardiens de troupeaux, mangent ce qu’ils ont sous la main : de la viande grillée sur un feu de bois, plantée sur des piquets inclinés vers les braises, découpée au couteau par des convives assis en cercle. C’est l’asado al palo, ancêtre direct de l’asado d’aujourd’hui. On le voit encore en Patagonie avec l’agneau ouvert en croix (cordero a la cruz), servi dans les estancias autour d’El Calafate et de la Patagonie Sud.

Deux agneaux cuits en croix (cordero al asador) au-dessus des braises, selon la tradition patagonienne de la province de Neuquén
Agneaux a la cruz dans la province de Neuquén. Photo : Albasmalko, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Depuis le début des années 2010, les Argentins fêtent le Día del Asado le 11 octobre. La date est née d’une initiative populaire sur les réseaux sociaux, tombe au printemps austral et coïncide souvent avec un week-end prolongé : ce n’est pas une fête officielle, mais les boucheries tournent à plein ce jour-là.

Les morceaux de l’asado et leur nom en espagnol

La découpe argentine ne correspond pas à la découpe française : les os sont sciés en travers, les muscles sont levés plus entiers. Les équivalents ci-dessous sont les plus proches, pas des synonymes exacts. Les prix au kilo sont ceux relevés par l’IPCVA dans les boucheries de Buenos Aires et de sa banlieue, deuxième quinzaine de juillet 2026, convertis au cours de 1 699 ARS pour 1 € du 7 octobre 2026.

MorceauÉquivalent le plus procheCuisson sur braisesPrix au kilo (juillet 2026)
Asado de tiraPlat de côtes coupé en traversLente, environ 1 h, côté os vers le feu18 848 ARS (≈ 11 €)
VacíoFlanchetLente, environ 1 h, côté gras d’abord22 106 ARS (≈ 13 €)
EntrañaHampeVive et courte, 10 à 15 minNon relevé
MatambrePas d’équivalent : fine couche de muscle sous la peau20 à 30 min18 947 ARS (≈ 11 €)
Tapa de asadoDessus de côtesLente18 482 ARS (≈ 11 €)
Bife de chorizoFaux-filetMoyenne, en tranche épaisse18 519 ARS (≈ 11 €)
Ojo de bifeEntrecôteMoyenne17 408 ARS (≈ 10 €, bife ancho)
Colita de cuadrilAiguillette de rumsteckMoyenne23 602 ARS (≈ 14 €)
Asado de tira, vacío et chorizos sur la grille d’une parrilla argentine, avec des citrons et des braises
Asado de tira, vacío et chorizos sur la même grille.

Asado de tira : le morceau qui donne son nom au repas

Ce sont des côtes de bœuf sciées en travers, en bandes de 3 à 5 cm de large où l’on voit trois ou quatre petits os ronds alignés. Le gras et le cartilage fondent pendant la longue cuisson, la viande se détache de l’os. Comptez 400 à 450 g par personne avec l’os, un peu moins s’il y a des achuras avant. En France, demandez du plat de côtes et précisez au boucher qu’il doit le couper perpendiculairement aux os.

Vacío : le flanchet croustillant

Le vacío est une grande pièce plate prise sur le flanc, recouverte d’une membrane et d’une fine couche de gras. Bien cuit sur la grille, il devient croustillant dehors et fondant dedans, avec une mâche légère. C’est le morceau le plus cher de l’asado classique en boucherie, et celui qu’on retrouve au cœur des parrillas réputées, comme le vacío de Los Talas del Entrerriano en banlieue nord.

Entraña : la hampe, à cuire vite

L’entraña est le muscle du diaphragme, fin, persillé, au goût prononcé. Elle se cuit vite et à chaleur vive, et se sert rosée. C’est souvent le morceau préféré des Argentins dans une parrilla, et l’un des plus faciles à retrouver en France sous le nom de hampe.

Matambre : le morceau sans équivalent

Le matambre est la fine couche de muscle qui se trouve entre la peau et les côtes. Il cuit en 20 à 30 minutes sur la grille, et se décline en matambre a la pizza (gratiné de sauce tomate et de fromage) ou roulé et farci, servi froid. En France, il faut le commander à un boucher qui accepte une découpe sur mesure.

Chorizo, morcilla, mollejas : les achuras de l’asado

Les achuras sont les saucisses et les abats qui ouvrent le repas. Le chorizo argentin est une saucisse fraîche de porc et de bœuf, sans rapport avec le chorizo espagnol séché. La morcilla est un boudin noir, parfois aux noix ou aux raisins. Les mollejas sont les ris de veau, grillés jusqu’à être dorés et servis avec du citron : c’est la spécialité de parrillas comme Don Jorge ou El Pobre Luis. Les chinchulines (intestin grêle) et les riñones (rognons) complètent l’assortiment pour les amateurs.

Chorizos et morcillas argentins grillés sur une grande parrilla, en province de Buenos Aires
Chorizos et morcillas ouvrent le repas. Photo : LBM1948, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Cuisson de l’asado : braises et non flamme sur la parrilla

Toute la technique tient dans une règle : la viande ne voit jamais la flamme. Le feu s’allume à côté de la grille, dans un coin du foyer ou dans un brasero à part. On attend que le bois se transforme en braises rouges couvertes de cendre blanche, puis on les pousse à la pelle sous la parrilla. Pendant la cuisson, l’asador entretient le feu à côté et ajoute des braises fraîches par-dessous, là où la chaleur faiblit.

Feu de bois et braises sous une grille de parrilla argentine, avec deux pièces de bœuf en début de cuisson
Le feu brûle à côté, les braises passent sous la grille. Photo : Maxd2, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

Bois ou charbon pour un asado argentin

Le bois de référence est le quebracho, un bois très dur du nord de l’Argentine qui donne des braises longues et régulières. Beaucoup d’Argentins utilisent aussi du charbon de bois, plus simple en ville. Hors d’Argentine, un bois dur et sec (chêne, hêtre, charme) fait très bien l’affaire. Les résineux sont à éviter : ils fument et donnent un goût amer.

Sel gros et rien d’autre : la préparation de la viande

Sortez la viande du réfrigérateur 1 à 2 heures avant pour qu’elle soit à température ambiante. Elle ne se marine pas : on la sale au gros sel (sal parrillera) juste avant de la poser, ou pendant la cuisson. Le côté gras ou le côté os va vers le feu en premier, pour protéger la chair. On ne retourne qu’une fois, et on ne pique jamais la viande avec une fourchette.

Temps de cuisson par morceau

Les durées varient beaucoup selon l’épaisseur, la hauteur de la grille et la chaleur des braises : les sources argentines donnent du simple au double. Les fourchettes ci-dessous valent pour des braises douces, la main posée au niveau de la grille devant tenir 8 à 10 secondes.

MorceauTemps indicatifRepère
Chorizo, morcilla20 à 30 minÀ poser en premier, à servir en entrée
Mollejas30 à 45 minDorées et croustillantes dehors
Entraña10 à 15 minBraises plus vives, servie rosée
Matambre20 à 30 minCôté peau vers le feu
Vacío45 min à 1 h 30Côté gras d’abord, retourner une fois
Asado de tira45 min à 1 h 30Côté os d’abord, la viande se rétracte sur l’os

Chimichurri : la sauce de l’asado argentin

Le chimichurri est la sauce qu’on trouve sur toutes les tables d’asado, en Argentine comme en Uruguay. La base est toujours la même : persil haché, ail, huile, vinaigre et piment en flocons, avec selon les familles de l’origan, du paprika, du cumin, du thym ou du laurier. Une version rouge ajoute de la tomate et du poivron. Il se prépare au moins 30 minutes à l’avance pour que les herbes infusent, et se verse sur la viande coupée, jamais pendant la cuisson.

Pour un bol, une base courante consiste à hacher finement un bouquet de persil plat et deux ou trois gousses d’ail, à ajouter une cuillère à café d’origan séché, une pincée de piment et de sel, puis à couvrir avec environ deux volumes d’huile pour un de vinaigre de vin. Chaque asador a ses proportions et les défend.

Chimichurri préparé dans un bol en verre, avec une spatule en bois, du sel, des herbes et du poivron
Le chimichurri se prépare au moins 30 minutes avant de passer à table.

L’autre sauce de l’asado est la salsa criolla : oignon, tomate et poivron coupés en petits dés, assaisonnés d’huile et de vinaigre. Plus fraîche, elle accompagne bien le chorizo et les achuras.

Où manger un asado à Buenos Aires : les parrillas par quartier

Buenos Aires compte des parrillas à chaque coin de rue, de la cantine de quartier aux tables classées dans les palmarès mondiaux. Notre sélection croise le guide Time Out (janvier 2025), le guide Michelin et la presse argentine. Les prix sont ceux des cartes relevées en juillet 2026 : ils bougent vite avec l’inflation, vérifiez avant d’y aller. Pour situer les quartiers, voyez notre guide pour visiter Buenos Aires.

La parrilla ouverte d’un restaurant de San Telmo, à Buenos Aires, où un cuisinier grille du bœuf sous une hotte
Parrilla ouverte d’un restaurant de San Telmo. Photo : amanderson2, CC BY 2.0, Wikimedia Commons

Parrillas de Palermo : Don Julio, La Cabrera, El Preferido

Don Julio (Guatemala 4699, à l’angle de Gurruchaga) est la parrilla la plus célèbre du pays, classée 10e au palmarès World’s 50 Best en 2025 et étoilée au guide Michelin. Il faut réserver environ deux mois à l’avance. Elle ouvre tous les jours, à midi à partir de 11 h 30 et le soir à partir de 19 h. La Cabrera (José A. Cabrera 5127) sert des pièces de races Hereford et Angus en portions généreuses.

PlatDon Julio (juillet 2026)La Cabrera (juillet 2026)
Bife de chorizo87 000 ARS les 500 g (≈ 51 €)69 300 ARS les 400 g (≈ 41 €)
Grand bife de chorizo95 000 ARS, bife ancho 500 g (≈ 56 €)92 200 ARS les 800 g (≈ 54 €)
Ojo de bife99 000 ARS les 500 g (≈ 58 €)68 700 ARS les 400 g (≈ 40 €)
Vacío102 000 ARS les 900 g (≈ 60 €)Non relevé
Asado de tira110 000 ARS les 800 g (≈ 65 €)Asado americano 1 kg : 76 600 ARS (≈ 45 €)
EntrañaNon relevéDemi-entraña : 73 200 ARS (≈ 43 €)

Ces prix s’entendent sans accompagnement, sans vin et sans couvert, et une pièce de 800 g ou 900 g se partage facilement à deux. Chez Don Julio, le vacío a pris environ 28 % en un an : il était à 79 500 ARS en juin 2025. Pour le même esprit à moindre prix, El Preferido de Palermo (Jorge Luis Borges 2108), tenu par les propriétaires de Don Julio, est un bodegón recommandé par le Michelin, ouvert tous les jours de 11 h 30 à 16 h et de 19 h à 1 h. Les amateurs de viande maturée iront chez Lo de Jesús (Gurruchaga 1406), qui laisse reposer ses pièces 15 à 21 jours, ou chez Don Zoilo à Villa Crespo (avenue Honorio Pueyrredón 1406), où la maturation monte à 45 à 60 jours.

Parrillas de San Telmo et La Boca : La Brigada, El Desnivel, El Obrero

À San Telmo, La Brigada (Estados Unidos 465) sert depuis 1992 des mollejas, des chinchulines d’agneau et un ojo de bife qu’on coupe à la cuillère. Elle est fermée le lundi. Plus simple et plus bruyant, El Desnivel (Defensa 855) est l’adresse du bife de chorizo et du choripán après le marché du dimanche. À La Boca, El Obrero (Agustín R. Caffarena 64) est un bodegón ouvert en 1910, tenu par la même famille depuis 1954, qui ne prend que les espèces. Ses horaires changent souvent : appelez avant. Pour un choripán debout, La Glorieta de Quique (Brandsen 810) fait l’affaire, au comptoir.

Parrillas du centre, de Recoleta et de Puerto Madero

Dans le centre, Parrilla Peña (Rodríguez Peña 682) est une vieille maison sans chichis, aux portions énormes, connue pour son ojo de bife et son flan au dulce de leche. À Recoleta, Rufino (avenue Quintana 465) et Nuestro Secreto (Posadas 1086) jouent la carte haut de gamme. Puerto Madero aligne les grandes salles face aux docks, comme Cabaña Las Lilas (Alicia Moreau de Justo 516) et Cauce de los Fuegos au 440 de la même avenue : cadre agréable, prix touristiques.

Parrillas de quartier pas chères à Buenos Aires

Le meilleur rapport qualité-prix se trouve loin des circuits, dans les parrillas de barrio où dînent les Porteños. Don Jorge à Chacarita (Villaroel 1201) est réputée pour ses mollejas et son asado de tira. El Pobre Luis à Belgrano (Arribeños 2393) grille au bois de quebracho. Autres adresses de quartier : Gran Paraíso à La Boca (Garibaldi 1428), Viejo Patrón à Mataderos (avenue Larrazábal 502), Olegario à Colegiales (Freire 1931) et Lo de Charly à Villa Ortúzar, ouvert 24 heures sur 24. Hors de la capitale, à José León Suárez, Los Talas del Entrerriano mérite le trajet pour son vacío cuit sur braises.

Dîner asado ou journée en estancia depuis Buenos Aires

Si vous préférez être guidé, deux formules existent : un dîner asado en petit groupe en ville, avec plusieurs services et musique en direct, ou une journée dans une estancia de la pampa, à San Antonio de Areco, avec asado, promenade à cheval et spectacle de gauchos. Les cartes ci-dessous affichent les prix et conditions d’annulation à jour.

  • Asado argentin en 7 services avec musique live

    Départ : Buenos Aires

    Buenos Aires : asado argentin 7 services et musique live

    • 4,9 (211 avis)
    • 3 h

    dès 71 €/ pers.

    Voir prix & dispos
  • Journée gaucho : San Antonio de Areco et estanciaTrès demandé

    Départ : Buenos Aires

    Depuis Buenos Aires : excursion d'une journée à la découverte des gauchos et des ranchs

    • 4,7 (1 099 avis)
    • 9 h
    • Annulation gratuite
    • Prise en charge incluse

    dès 151 €/ pers.

    Voir prix & dispos

Toutes les excursions à réserver, région par région

Prix de départ, notes et avis GetYourGuide relevés le 2 novembre 2026. Liens partenaires : une commission peut nous être reversée sur les réservations, sans surcoût pour vous.

Prix de la viande et de l’asado en Argentine en 2026

L’asado du dimanche pèse de plus en plus lourd dans le budget des familles argentines. En boucherie, le kilo d’asado de tira valait 18 848 ARS en juillet 2026 et celui de vacío 22 106 ARS, des prix quasi stables depuis mars. Le poulet, lui, était à 5 372 ARS : un kilo d’asado de tira coûte autant que 3,5 kg de poulet. Résultat, la consommation de bœuf est tombée à 47,5 kg par habitant et par an en mai 2026, 6,1 % de moins qu’un an plus tôt et le niveau le plus bas depuis une vingtaine d’années.

Pour un asado de six personnes chez soi, avec environ 2,5 kg d’asado de tira et 1,5 kg de vacío, le bœuf revient à environ 80 000 ARS, soit 47 €, avant chorizos, charbon et vin. C’est moins qu’un seul vacío chez Don Julio. Les autres postes du budget au quotidien (courses, loyers, restaurants) sont détaillés sur notre page coût de la vie en Argentine, et le cours du peso sur celle du taux de change EUR/ARS.

Commander dans une parrilla : jugoso, a punto et le vocabulaire utile

Les Argentins cuisent leur viande plus que les Français. Un « a punto » argentin arrive souvent plus cuit qu’un « à point » parisien : si vous aimez saignant, demandez jugoso, voire vuelta y vuelta. Les correspondances ci-dessous sont indicatives, la cuisson varie d’une maison à l’autre.

En espagnolCe que vous obtenez
Vuelta y vueltaBleu, juste saisi des deux côtés
JugosoSaignant, rouge et juteux au centre
A puntoÀ point, rosé au centre
CocidoCuit, plus de rose
Bien cocidoBien cuit
GuarniciónAccompagnement, presque toujours en supplément
Parrillada para dosPlateau mixte de viandes et d’achuras pour deux
CubiertoCouvert (pain, parfois une sauce), facturé par personne
PropinaPourboire, autour de 10 %, souvent laissé en espèces

Deux réflexes évitent les mauvaises surprises : les accompagnements se commandent à part (papas fritas, ensalada mixta, provoleta, ce fromage fondu grillé sur la parrilla), et les portions sont grandes. Une pièce de viande et deux accompagnements suffisent largement à deux personnes.

Faire un asado argentin chez soi : morceaux, quantités et étapes

Un barbecue à couvercle peut faire l’affaire, mais l’idéal reste une grille réglable en hauteur au-dessus d’un foyer ouvert, avec de la place à côté pour entretenir le feu. Prévoyez 400 à 450 g de viande avec os par personne, ou 350 à 400 g sans os, un peu moins si vous servez des achuras en entrée.

  1. Chez le boucher : demandez du plat de côtes coupé en travers (asado de tira), un flanchet entier (vacío) et de la hampe (entraña). Montrez-lui une photo, l’équivalence n’est jamais parfaite.
  2. Le feu : allumez bois dur ou charbon 45 minutes avant, à côté de la grille. Attendez des braises couvertes de cendre blanche.
  3. Les braises : étalez-les en couche fine sous la grille, plus épaisse sous les grosses pièces. Gardez un feu en réserve sur le côté.
  4. La viande : salez au gros sel, posez côté os ou côté gras vers le feu, commencez par chorizos et morcilla.
  5. La cuisson : retournez une seule fois. Sortez l’entraña en premier, puis le vacío et l’asado de tira quand ils sont dorés.
  6. Le service : coupez sur une planche, en travers des fibres, et posez le chimichurri à côté.

Questions fréquentes sur l’asado argentin

Qu’est-ce que l’asado ?

L’asado est la grillade argentine : des morceaux de bœuf, des saucisses et des abats cuits lentement sur une grille (la parrilla) au-dessus de braises de bois ou de charbon, sans flamme. Le mot désigne à la fois la technique, la viande et le repas qui réunit famille ou amis, souvent le dimanche midi. Celui qui tient le feu s’appelle l’asador. On le retrouve aussi en Uruguay, au Paraguay et dans le sud du Brésil.

Quelle est la traduction d’asado en français ?

Asado vient du verbe asar, rôtir ou griller. La traduction la plus juste est « grillade » ou « barbecue », mais aucun mot français ne rend le rituel : en Argentine, l’asado est un repas long et partagé, cuit sur braises par un asador. Attention, « asado de tira » désigne aussi un morceau précis, le plat de côtes coupé en travers.

Quel est le morceau de bœuf utilisé pour l’asado ?

Il n’y en a pas un seul. Le morceau qui porte le nom est l’asado de tira, des côtes coupées en travers de 3 à 5 cm de large. Un asado classique y ajoute le vacío (flanchet), l’entraña (hampe), le matambre et souvent un bife de chorizo (faux-filet), précédés des achuras : chorizo, morcilla, mollejas et chinchulines.

Quelle viande mange-t-on en Argentine ?

Surtout du bœuf : environ 47,5 kg par habitant et par an en mai 2026, un niveau en baisse et le plus bas depuis une vingtaine d’années, mais parmi les plus élevés au monde. Le porc et le poulet progressent parce qu’ils coûtent bien moins cher : en juillet 2026, un kilo d’asado de tira valait le prix de 3,5 kg de poulet. En Patagonie, l’agneau grillé en croix (cordero al asador) remplace souvent le bœuf.

Comment cuisiner un asado ?

Allumez le bois ou le charbon à côté de la grille et attendez des braises rouges couvertes de cendre blanche, sans flamme. Étalez-les sous la parrilla, salez la viande au gros sel, posez-la côté os ou côté gras vers le feu. Commencez par les chorizos et la morcilla, puis l’asado de tira et le vacío, qui demandent environ une heure à feu doux selon l’épaisseur. Retournez une seule fois et ajoutez des braises sur le côté pour garder une chaleur égale.

Faut-il mariner la viande d’un asado ?

Non. La tradition argentine se contente de gros sel, posé juste avant ou pendant la cuisson. Une marinade masquerait le goût de la viande et brûlerait sur les braises. Le chimichurri sert de sauce à table, on le verse sur la viande une fois coupée, pas avant la cuisson.

Comment faire cuire un asado au four ?

L’asado al horno existe en Argentine, dans les fours à bois des estancias, mais ce n’est plus vraiment un asado. Au four de cuisine, la seule pièce qui s’y prête bien est l’asado de tira ou le plat de côtes : cuisson lente à chaleur moyenne, couvert puis découvert pour dorer, en gardant le gros sel. Le vacío et l’entraña perdent leur intérêt sans la grille et les braises.

Combien coûte un asado au restaurant à Buenos Aires ?

Dans une parrilla de quartier, un plat de viande se trouve encore sous les 30 000 ARS. Dans les adresses réputées de Palermo, les prix relevés en juillet 2026 donnent 87 000 ARS le bife de chorizo de 500 g chez Don Julio (environ 51 €) et 69 300 ARS le bife de chorizo de 400 g chez La Cabrera (environ 41 €), sans accompagnement ni vin. Une pièce se partage souvent à deux.