
Langue en Argentine : espagnol rioplatense, voseo et lunfardo
La langue qu’on parle vraiment en Argentine : le vos et sa conjugaison, l’accent « sh », 30 mots de lunfardo, les pièges pour un Français, où l’apprendre et à quel prix en 2026.
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Photo : Roberto Fiadone, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons
- Espagnolrioplatense, la variante de Buenos Aires et du Río de la Plata
- 0 loifédérale ne fixe de langue officielle : le castillan l’est de fait
- 1962fondation de l’Academia Porteña del Lunfardo, qui étudie l’argot de Buenos Aires
- 29,3 %des Argentins qui se disent indigènes parlent ou comprennent leur langue (INDEC 2022)
Sommaire
- Quelle langue parle-t-on en Argentine ? L’espagnol rioplatense
- Le voseo argentin : vos sos, vos tenés
- L’accent argentin : le « ll » et le « y » prononcés « ch »
- Lunfardo : 30 mots d’argot argentin à connaître
- Expressions argentines du quotidien : bonjour, dale, che
- Faux-amis espagnols pour un Français en Argentine
- Où apprendre l’espagnol argentin : écoles à Buenos Aires, cours en ligne, tándem
- Langues indigènes en Argentine : guarani, quechua, mapuche
- Parle-t-on français, anglais, italien ou portugais en Argentine ?
- Questions fréquentes sur la langue en Argentine
Quelle langue parle-t-on en Argentine ? L’espagnol rioplatense
La langue de l’Argentine est l’espagnol, héritage de la colonisation espagnole. Les Argentins disent castellano (castillan) plutôt qu’español. C’est la langue de l’école, des démarches, de la presse et de la télévision, et la langue maternelle de l’immense majorité des habitants. L’« argentin » n’existe pas comme langue : c’est une façon de parler espagnol.
La variante la plus répandue est l’espagnol rioplatense, né sur les deux rives du Río de la Plata, à Buenos Aires et à Montevideo. Il s’entend dans la capitale, sa province, le Litoral et une bonne partie de la Patagonie, soit plus de la moitié de la population. Le site officiel du tourisme argentin le résume par deux traits : le voseo et le cantito, cette intonation chantante qu’on reconnaît en deux phrases.
Pas de langue officielle dans la Constitution argentine
Surprise pour beaucoup : aucune loi nationale ne déclare l’espagnol langue officielle de l’Argentine. Il l’est de fait. Des propositions de loi déposées au Congrès en 2020, 2022 et 2025 ont voulu l’inscrire dans les textes, sans aboutir. La Constitution réformée en 1994 reconnaît en revanche, à l’article 75, la préexistence des peuples indigènes et leur droit à une éducation bilingue et interculturelle. Au niveau provincial, Corrientes a donné un statut au guarani (voir plus bas).
Espagnol argentin et espagnol d’Espagne : les différences
Un Madrilène et un Porteño se comprennent sans effort. Les écarts tiennent surtout à la grammaire des pronoms, à la prononciation et au vocabulaire :
- Vos remplace tú pour tutoyer, avec ses propres terminaisons (détail dans la section suivante).
- Pas de vosotros : au pluriel, on dit ustedes à tout le monde, amis compris.
- Le z et le c devant e et i se prononcent comme un s : cerveza se dit « servessa », sans le son anglais « th » de l’Espagne.
- Le ll et le y se prononcent « ch » ou « j » : pollo devient « posho ».
- Le passé simple l’emporte sur le passé composé : on dit hoy comí (aujourd’hui j’ai mangé) là où un Espagnol dirait hoy he comido.
- Une partie du vocabulaire courant change : colectivo pour le bus, auto pour la voiture, palta pour l’avocat.

L’influence italienne sur la langue argentine
Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe, l’Argentine a accueilli des millions d’immigrés italiens. Ils n’ont pas fait de l’italien une langue nationale, mais ils ont laissé des mots (laburo vient de lavoro, birra de birra, manyar de mangiare) et surtout une mélodie. Selon une étude de chercheurs du CONICET, l’intonation de Buenos Aires s’est rapprochée de celle du napolitain au cours du XXe siècle. Avant, le parler porteño ressemblait davantage à l’andalou. C’est pour cela que l’espagnol argentin « sonne italien » aux oreilles d’un Français.
Le voseo argentin : vos sos, vos tenés
En Argentine, on tutoie avec vos et pas avec tú. Ce n’est pas de l’argot : tout le monde le fait, à l’écrit comme à l’oral, des publicités aux SMS d’une banque. L’Academia Argentina de Letras l’a admis comme forme légitime en 1982. Le voseo existe aussi en Uruguay, avec des nuances. Si vous dites tú, on vous comprendra, mais vous sonnerez immédiatement étranger.
La règle est simple au présent : on prend l’infinitif, on retire le -r final et on accentue la dernière syllabe. Hablar donne vos hablás, comer donne vos comés, vivir donne vos vivís. Bonne nouvelle : les verbes à diphtongue perdent leur irrégularité. Tú tienes, tú puedes, mais vos tenés, vos podés.
Conjugaison du voseo au présent et à l’impératif
| Verbe | Espagne (tú) | Argentine (vos) | Impératif (vos) |
|---|---|---|---|
| hablar (parler) | tú hablas | vos hablás | hablá |
| comer (manger) | tú comes | vos comés | comé |
| vivir (vivre) | tú vives | vos vivís | viví |
| tener (avoir) | tú tienes | vos tenés | tené |
| poder (pouvoir) | tú puedes | vos podés | rare |
| querer (vouloir) | tú quieres | vos querés | rare |
| venir (venir) | tú vienes | vos venís | vení |
| decir (dire) | tú dices | vos decís | decí |
| hacer (faire) | tú haces | vos hacés | hacé |
| poner (mettre) | tú pones | vos ponés | poné |
| ser (être) | tú eres | vos sos | sé (rare) |
| ir (aller) | tú vas | vos vas | andá |
Deux formes sont à apprendre par cœur : vos sos (tu es) et l’impératif d’ir, qu’on remplace par andá (vas-y). Aux autres temps, passé, futur et imparfait, vos se conjugue comme tú : vos hablaste, vos ibas. Au subjonctif, l’usage soigné garde la forme de tú (quiero que vengas).
L’impératif en vos : vení, decí, mirá
L’impératif est la forme que vous entendrez le plus dans la rue. Il se forme sur l’infinitif sans le -r, avec l’accent final : mirá (regarde), vení (viens), decime (dis-moi), pasá (entre, passe). Un serveur qui vous lance « ¡pasá, sentate! » vous invite simplement à entrer et à vous asseoir. Le pronom se colle derrière, sans changer l’accent écrit de la racine : sentate, contame, esperame.
Vos ou usted : tutoyer et vouvoyer en Argentine
Les Argentins tutoient vite. Le vos s’emploie avec les amis, les collègues, les commerçants de quartier et la plupart des inconnus de votre âge. Usted reste de mise avec une personne âgée, un médecin, dans une administration ou par écrit dans un cadre formel. En cas de doute, commencez par usted : votre interlocuteur passera au vos de lui-même. Au pluriel, pas de choix : c’est ustedes, que vous parliez à vos amis ou à un jury.
L’accent argentin : le « ll » et le « y » prononcés « ch »
C’est le trait qui frappe dès l’arrivée à l’aéroport d’Ezeiza. En espagnol rioplatense, le ll et le y (devant une voyelle) ne se prononcent ni « li » ni « i », mais comme le « j » ou le « ch » français. Yo se dit « cho » ou « jo », calle se dit « cashe », playa « plasha » et me llamo « me shamo ». Le y isolé, la conjonction « et », garde le son « i ».
Sheísmo et zheísmo : « cho » ou « jo » ?
Les linguistes distinguent deux prononciations. Le zheísmo, sonore, sonne comme le « j » de « jour » : c’était la norme au milieu du XXe siècle. Le sheísmo, sourd, sonne comme le « ch » de « chat » : il s’est imposé depuis le dernier quart du XXe siècle, surtout chez les jeunes de Buenos Aires, de Rosario et de Montevideo. Vous entendrez donc souvent les deux dans une même famille, « jo » chez les grands-parents et « cho » chez les petits-enfants. Pour vous, les deux passent : l’important est d’abandonner le « yo » de manuel.
Le reste est plus simple que l’espagnol d’Espagne pour un Français : le s, le c et le z se confondent (seseo), et le s en fin de syllabe s’aspire souvent dans le langage relâché, los otros devenant « loh otroh ».
Les accents régionaux : Córdoba, le Nord-Ouest et le Litoral
L’Argentine n’a pas un seul accent. À Córdoba, la tonada allonge la syllabe qui précède l’accent tonique, un chant que tout Argentin reconnaît et imite (notre page pour vivre à Córdoba présente la ville). Dans le Nord-Ouest, à Salta et Jujuy, le rythme est plus posé, le r se prononce de façon plus sifflante et des mots quechuas s’invitent dans la conversation. Dans le Litoral, à Misiones et Corrientes, le guarani influence l’intonation et le vocabulaire. Ces accents restent tous du rioplatense mâtiné de couleur locale : vous n’aurez pas besoin d’apprendre autre chose.

Lunfardo : 30 mots d’argot argentin à connaître
Le lunfardo est l’argot de Buenos Aires. Vous n’avez pas besoin de le parler, mais vous l’entendrez partout, dans la rue, au bureau et dans les paroles de tango. Voici les 30 mots les plus utiles au quotidien, avec une phrase d’exemple et le niveau de langue. Attention aux mots marqués vulgaires : dans la bouche d’un étranger, ils passent mal tant qu’on ne connaît pas bien ses interlocuteurs.
| Mot | Sens | Exemple | Registre |
|---|---|---|---|
| che | hé, dis donc (pour interpeller) | Che, ¿venís esta noche? | Familier, partout |
| boludo / boluda | idiot, ou « mec » entre amis | ¿Qué hacés, boludo? | Vulgaire : seulement entre proches |
| laburo, laburar | travail, travailler | Mañana tengo mucho laburo. | Familier, très courant |
| mina | femme, fille | Esa mina es la jefa. | Familier, un peu machiste |
| guita | argent (le fric) | No me alcanza la guita. | Familier |
| mango | un peso | No tengo un mango. | Familier |
| quilombo | pagaille, bazar | El tránsito es un quilombo. | Familier, très courant |
| bondi | bus (le colectivo) | Me tomo el bondi en la esquina. | Familier |
| birra | bière | ¿Unas birras después del laburo? | Familier |
| pibe / piba | gamin, jeune | Es un pibe del barrio. | Courant |
| chabón | type, gars | Ese chabón me debe plata. | Familier |
| piola | sympa, tranquille, malin | Es un bar piola. | Familier |
| copado | génial, cool | El asado estuvo copado. | Familier |
| buena onda | sympa, bonne ambiance | El dueño es re buena onda. | Courant |
| fiaca | flemme | Hoy tengo fiaca. | Familier |
| morfar | manger (bouffer) | Vamos a morfar algo. | Familier |
| chorro | voleur | Cuidado, hay chorros en el subte. | Familier |
| afanar | voler, piquer | Me afanaron el celular. | Familier |
| cana | la police, ou la prison | Llamá a la cana. | Familier |
| trucho | faux, contrefait | Ojo, ese billete es trucho. | Familier, très courant |
| chamuyo | baratin, drague | Eso es puro chamuyo. | Familier |
| zafar | s’en tirer de justesse | Zafé del examen. | Familier |
| bancar | supporter, soutenir | No lo banco más. / Te banco. | Familier |
| pucho | cigarette, mégot | ¿Tenés un pucho? | Familier |
| al pedo | pour rien, à ne rien faire | Estoy al pedo, ¿salimos? | Vulgaire léger |
| re- | très (préfixe) | La comida está re rica. | Familier, partout |
| posta | vraiment, pour de vrai | ¿Posta que te vas? | Familier, jeunes |
| bardo | embrouille, désordre | Se armó un bardo en la cancha. | Familier |
| garrón | galère, tuile | ¡Qué garrón, perdí el bondi! | Familier |
| groso | balèze, génial | Messi es un groso. | Familier |
Trois mots méritent une précision. Che sert à interpeller quelqu’un, au point que les Cubains ont surnommé Ernesto Guevara, l’Argentin, « le Che ». Boludo est une insulte ou un mot affectueux selon le ton : entre amis, il ponctue une phrase sur deux. Adressé à un inconnu, il déclenche une dispute. Quant à trucho, il est très utile quand on manipule des pesos en liquide : les faux billets circulent, on en parle dans notre guide du coût de la vie en Argentine.
D’où vient le lunfardo ?
Le lunfardo est né dans les quartiers populaires et le port de Buenos Aires dans la seconde moitié du XIXe siècle, quand la ville se remplissait d’immigrés. Le premier texte qui le décrit est un article du commissaire Benigno Lugones, en 1879 : on y voyait alors un jargon de voleurs et de prisons. Il mêle de l’italien et du génois (bacán, laburo), de l’argot français, du caló des gitans espagnols (chorro), du portugais, des langues indigènes comme le quechua et le guarani, et des mots d’origine bantoue comme quilombo. Le tango l’a ensuite fait entrer dans toutes les maisons.
L’Academia Porteña del Lunfardo, association fondée le 21 décembre 1962 notamment par José Gobello, l’étudie et publie des dictionnaires. Le chercheur Oscar Conde en a été élu président en avril 2026. Le 5 septembre est le Día del Lunfardo, et la Législature de Buenos Aires a déclaré le lunfardo patrimoine culturel de la ville en 2025.
Le vesre : parler à l’envers
Comme le verlan en France, le vesre (de revés, à l’envers) inverse les syllabes. Tango devient gotán, pantalón devient lompa, camión devient mionca et loco devient colo. Un mot de vesre sert à tout le monde : telo, de hotel, désigne un hôtel de passe loué à l’heure. Ne demandez donc pas un « telo » pour la nuit.
Expressions argentines du quotidien : bonjour, dale, che
Comment dire bonjour en Argentine
Hola fonctionne partout. Le matin, on dit « buen día », au singulier, plutôt que le buenos días espagnol, puis buenas tardes et buenas noches, ou simplement buenas en entrant dans un commerce. Entre amis, on enchaîne sur ¿cómo andás?, ¿todo bien? ou ¿qué onda?. Pour partir, c’est chau. Les Argentins se font une bise sur la joue, y compris entre hommes qui se connaissent, et souvent dès la première présentation.
Quelques mots reviennent dans chaque conversation. Dale veut dire « d’accord, vas-y, ça marche ». Ojo signifie « attention ». Bárbaro veut dire « super ». ¿Me explico? ponctue une explication, et viste (« tu vois ») termine une phrase sur trois. Au restaurant, l’addition se demande avec la cuenta, por favor, et si vous préparez un barbecue, le vocabulaire de la viande a sa propre page : l’asado argentin et ses morceaux.
Mots de la ville, de la table et des vêtements en Argentine
Une partie du vocabulaire appris dans un manuel d’Espagne ne sert pas ici. Ces mots-là, vous les utiliserez dès la première semaine :
| Français | Argentine | Espagne |
|---|---|---|
| bus | colectivo (bondi) | autobús |
| métro | subte | metro |
| voiture | auto | coche |
| essence | nafta | gasolina |
| trottoir | vereda | acera |
| ticket | boleto | billete |
| appartement | departamento | piso |
| piscine | pileta | piscina |
| téléphone portable | celular | móvil |
| ordinateur | computadora | ordenador |
| réfrigérateur | heladera | nevera |
| avocat (fruit) | palta | aguacate |
| fraise | frutilla | fresa |
| pêche | durazno | melocotón |
| maïs (épi) | choclo | mazorca |
| haricot | poroto | judía |
| poivron | morrón | pimiento |
| beurre | manteca | mantequilla |
| croissant | medialuna | cruasán |
| bière pression | chopp | caña |
| tee-shirt | remera | camiseta |
| blouson, veste | campera | chaqueta |
| jupe | pollera | falda |
| maillot de bain | malla | bañador |
| lunettes | anteojos | gafas |

Faux-amis espagnols pour un Français en Argentine
Le français et l’espagnol se ressemblent assez pour tendre des pièges. Certains mots valent dans tout le monde hispanique :
- Embarazada veut dire enceinte, pas embarrassée (on dit avergonzado).
- Constipado signifie enrhumé. Pour la constipation, on parle d’estreñimiento.
- Largo veut dire long. Large se dit ancho.
- Salir veut dire sortir. Salir au sens de tacher se dit ensuciar.
- Suceso est un événement, un fait divers. Le succès, c’est éxito, et la sortie se dit salida.
- Contestar veut dire répondre, quitar enlever, pronto bientôt, ropa les vêtements et firma une signature.
D’autres pièges sont propres à l’Argentine, et certains font rire toute une tablée :
- Coger, qui signifie prendre en Espagne, a un sens sexuel en Argentine. Pour prendre le bus, dites tomar el colectivo.
- Concha (coquillage en Espagne) est un mot très vulgaire en Argentine.
- Forro désigne un préservatif et sert aussi d’insulte . À éviter, sauf entre amis très proches.
- Pendejo veut dire gamin en Argentine, mais c’est une insulte au Mexique : à réserver au Río de la Plata.
- Bombacha est une culotte de femme, et pollera une jupe, là où l’Espagne dit falda.
Où apprendre l’espagnol argentin : écoles à Buenos Aires, cours en ligne, tándem
Buenos Aires est la ville qui concentre le plus d’écoles d’espagnol pour étrangers. On y apprend le rioplatense directement, et les cours se combinent facilement avec un séjour long ou une installation : notre guide pour vivre à Buenos Aires détaille les quartiers où vivent la plupart des étudiants, Palermo, Recoleta et Almagro.
Écoles de langue à Buenos Aires : prix 2026
Les écoles affichent leurs tarifs en dollars ou en euros, ce qui protège des variations du peso. Vamos Spanish Academy, à Buenos Aires, publie ses prix 2026 : 120 US$ par semaine pour un cours semi-intensif de 10 heures en groupe, 166,25 US$ pour l’intensif de 20 heures et 218,50 US$ pour le super intensif (20 heures en groupe et 5 heures particulières). Le tarif baisse au-delà de 22 semaines, les groupes comptent 5 à 9 élèves et une session démarre chaque semaine, du niveau A1 au C1. La même école propose un logement en famille d’accueil dès 319 US$ la semaine.
Ailleurs, les agrégateurs de séjours linguistiques donnent un ordre de grandeur : Don Quijote affiche son cours intensif de Buenos Aires à partir de 195 US$ la semaine, et la moyenne des cours d’espagnol en Argentine tourne autour de 160 à 190 US$ par semaine. Expanish, Ecela ou le Laboratorio de Idiomas de l’université de Buenos Aires (UBA) proposent aussi des cours : demandez-leur un devis, leurs grilles 2026 n’étaient pas publiées au moment de notre relevé.
Cours d’espagnol argentin en ligne
Pour commencer avant le départ, plusieurs écoles de Buenos Aires donnent leurs cours par visioconférence avec des professeurs argentins. Chez Vamos, la formule en ligne démarre à 60 US$ par semaine pour 2 heures, et à 80 US$ pour 4 heures. C’est aussi la solution des télétravailleurs qui s’installent quelques mois : le visa nomade digital argentin laisse le temps de suivre un cours en parallèle de son activité. Les applications grand public enseignent surtout l’espagnol d’Espagne ou du Mexique : elles servent pour la grammaire, pas pour le vos.

Intercambios et tándem à Buenos Aires
Le moyen le plus économique de pratiquer reste l’intercambio, une soirée d’échange linguistique dans un bar. Le plus connu, Mundo Lingo, réunit Argentins et étrangers plusieurs soirs par semaine dans des bars de Palermo, San Telmo ou Chacarita : l’entrée est gratuite, sans inscription, chacun colle sur sa poitrine le drapeau des langues qu’il parle et on ne paie que ses consommations. Les lieux et les jours changent souvent : vérifiez le calendrier sur leur site avant de vous déplacer. D’autres bars organisent leurs propres intercambios, et les groupes de tándem en ligne permettent de trouver un Argentin qui veut pratiquer le français contre l’espagnol.
Le CELU, l’examen d’espagnol argentin
Le CELU (Certificado de Español : Lengua y Uso) est l’examen d’espagnol reconnu officiellement par l’État argentin, porté par un consortium d’universités. Il certifie un niveau sans date d’expiration et se passe désormais aussi à distance, avec ordinateur, webcam et micro. Depuis la session de février 2026, il compte trois niveaux : basique, intermédiaire et avancé. Les frais varient selon le pays : l’équivalent en pesos de 100 US$ en Argentine, 120 € en Europe et 140 US$ aux États-Unis. Le CELU est utile pour s’inscrire dans une université argentine ou prouver son niveau à un employeur local.
Langues indigènes en Argentine : guarani, quechua, mapuche
Au recensement de 2022, 1 306 730 personnes se sont déclarées indigènes ou descendantes de peuples indigènes, soit 2,9 % de la population, réparties en 58 peuples. Parmi elles, 29,3 % parlent ou comprennent la langue de leur peuple. Les provinces où la part d’habitants indigènes est la plus forte sont Jujuy et Salta, autour de 10 %, puis Chubut, Formosa et Neuquén.
| Peuple | Personnes (2022) | Parlent ou comprennent la langue | Langue, région |
|---|---|---|---|
| Mapuche | 145 783 | 17,9 % | Mapudungun, Patagonie (Neuquén, Río Negro, Chubut) |
| Guaraní | 135 232 | 40,6 % | Guarani, nord-est (Misiones, Corrientes) |
| Qom (Toba) | 80 124 | 49,2 % | Qom, Chaco et Formosa |
| Wichí | 69 080 | 73,4 % | Wichí, Salta, Chaco et Formosa |
| Quechua | 52 154 | 51,3 % | Quechua au Nord-Ouest, quichua à Santiago del Estero |
Ces chiffres sont les résultats définitifs du recensement publiés par l’INDEC. Les peuples les plus nombreux, mapuche en tête, ont largement perdu leur langue, alors que des peuples moins nombreux la parlent encore en majorité : 89 % des Pilagá de Formosa, 83,6 % des Mbya Guaraní de Misiones et 73,4 % des Wichí. Le quechua s’entend sur les marchés de la Quebrada de Humahuaca, et beaucoup de mots argentins en viennent : pucho, choclo, palta. Notre guide de voyage du Nord-Ouest argentin vous y emmène.

Le guarani, langue officielle alternative à Corrientes
Le guarani est la seule langue indigène dotée d’un statut dans une loi provinciale. La loi 5598 de 2004 en fait la « langue officielle alternative » de la province de Corrientes et prévoit son enseignement, même si elle n’a jamais été réglementée. Dans les campagnes de Corrientes et de Misiones, on entend encore des mots guaranis mêlés à l’espagnol, le jopara en usage au Paraguay voisin. Vous en croiserez sur la route des chutes d’Iguazú : le nom même des chutes vient du guarani et signifie « grandes eaux ».
Parle-t-on français, anglais, italien ou portugais en Argentine ?
Le français a une vraie histoire en Argentine, des élites du XIXe siècle à l’architecture de Buenos Aires, mais il se parle peu aujourd’hui. On l’apprend à l’Alliance française ou au lycée franco-argentin Jean Mermoz, présenté dans notre page sur la scolarisation en Argentine. Dans un commerce ou une administration, ne comptez pas dessus.
L’anglais est la langue étrangère la plus utile : on le parle dans les hôtels, les agences et les quartiers touristiques de Buenos Aires, beaucoup moins en province. L’italien se comprend en partie grâce à l’immigration et à la proximité des deux langues, mais il n’est plus une langue d’usage. Le portugais s’entend près de la frontière brésilienne, à Misiones, et les lycées doivent le proposer en option. Pour les démarches, le logement et le travail, l’espagnol reste indispensable : c’est la première chose à préparer quand on décide de s’installer en Argentine.
Questions fréquentes sur la langue en Argentine
Quelle est la langue la plus parlée en Argentine ?
L’espagnol, que les Argentins appellent castellano. C’est la langue de l’administration, de l’école et des médias, parlée par la quasi-totalité de la population. La variante dominante est l’espagnol rioplatense, celui de Buenos Aires et du Río de la Plata, reconnaissable au vos et à la prononciation « sh » du ll et du y. Aucune loi fédérale ne le déclare pourtant langue officielle.
Comment dire bonjour en Argentine ?
Hola suffit dans tous les cas. Le matin, on dit « buen día » plutôt que le « buenos días » espagnol, puis « buenas tardes » et « buenas noches ». Entre amis, on enchaîne avec « ¿cómo andás? » ou « ¿todo bien? ». On se dit au revoir avec « chau ». Entre proches, hommes compris, on se fait une bise sur la joue.
Est-ce qu’on parle français en Argentine ?
Très peu. Le français s’apprend à l’Alliance française et au lycée franco-argentin Jean Mermoz de Buenos Aires, mais vous ne pourrez pas compter dessus dans la rue, les commerces ou l’administration. L’anglais est plus répandu dans les hôtels et les quartiers touristiques de Buenos Aires. Pour s’installer, quelques mois d’espagnol sont indispensables.
Quelles sont les 3 langues les plus parlées en Argentine ?
L’espagnol arrive très loin devant. Viennent ensuite des langues apprises, l’anglais surtout, puis l’italien et le portugais, et des langues indigènes comme le guarani au nord-est, le quechua au nord-ouest et le mapudungun en Patagonie. Au recensement de 2022, 29,3 % des 1 306 730 personnes qui se reconnaissent indigènes parlent ou comprennent la langue de leur peuple (INDEC).
Quelle est la différence entre l’espagnol argentin et l’espagnol d’Espagne ?
Trois choses frappent d’abord. Le vos remplace le tú, avec des formes comme vos sos ou vos tenés. Le ll et le y se prononcent « ch » ou « j » : « calle » devient « cashe ». Enfin le vocabulaire diffère (colectivo pour le bus, palta pour l’avocat), le vosotros n’existe pas et le z se prononce comme un s. Un Espagnol et un Argentin se comprennent sans difficulté.
Le lunfardo est-il une langue ?
Non. C’est un argot né à Buenos Aires dans la seconde moitié du XIXe siècle, nourri d’italien, de génois, d’argot français et de langues indigènes, puis popularisé par le tango. Il fournit des mots à l’espagnol rioplatense (laburo, guita, quilombo) mais n’a pas de grammaire propre. L’Academia Porteña del Lunfardo l’étudie depuis 1962.