VIVRE EN ARGENTINE
Deux personnes assises sur un banc face à la fontaine de la plaza Independencia, à Mendoza

Retraite en Argentine, au Portugal ou en Espagne : comparatif pour un Français

Résidence, impôt sur la pension française, santé, coût de la vie, distance : trois pays comparés point par point, avec les textes officiels et la date de chaque chiffre.

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Photo : Miguel, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons

Sommaire
Deux personnes assises sur un banc face à la fontaine et au mur sculpté de la plaza Independencia, à Mendoza
Photo : Miguel, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons. Plaza Independencia, Mendoza.

Comparatif retraite Argentine, Portugal, Espagne : le tableau

Ce tableau est arrêté au 8 octobre 2026. Il suppose un retraité français qui perçoit une pension de régime privé (CNAV, Agirc-Arrco) et pas une pension de fonctionnaire, traitée plus bas. Chaque ligne renvoie à une section qui donne la source.

CritèreArgentinePortugalEspagne
Résidence pour un FrançaisRésidence temporaire de pensionado, pension d’au moins 5 SMVMPas de visa, enregistrement après 3 moisPas de visa, certificat d’enregistrement après 3 mois
Où la pension privée est imposéeEn France seulement (art. 18 de la convention)Au Portugal seulement (art. 19)En Espagne seulement (art. 18)
Barème appliquéImpôt français de non-résident : taux minimum de 20 % ou 30 %, ou taux moyenIRS de 12,5 % à 48 % en 2026, surtaxe au-delà de 80 000 €IRPF : barème de l’État de 19 % à 47 % plus barème régional
SantéAucun remboursement par la France sur place : CFE ou assurance privéeFormulaire S1 : inscription au système portugaisFormulaire S1 : inscription au système espagnol
Niveau de prix (Eurostat 2025, UE = 100)Hors Eurostat. Budget estimé en province : 1 500 à 2 000 € par mois85,3 (France : 106,4)91,1 (France : 106,4)
Vol direct depuis Paris13 h 30 à 15 h2 h 10 à 2 h 402 h à 2 h 10
LangueEspagnolPortugaisEspagnol
Climat (repères)Mendoza : 32,2 °C en janvier, 14,7 °C en juillet (maximales moyennes)Lisbonne : 15,1 °C en janvier, 28,2 °C en juilletAlicante : 17,2 °C en janvier, 30,7 °C en juillet

Sources : textes des conventions fiscales sur impots.gouv.fr, Cleiss, Your Europe, PwC Worldwide Tax Summaries (revu en octobre 2026), Eurostat (indices de niveaux de prix 2025), Disposición DNM 1732/2023. Les températures viennent des tableaux climatiques de Wikipédia (Servicio Meteorológico Nacional pour Mendoza, normales 1991-2021 pour Lisbonne et Alicante).

Visa et résidence : ce qu’un retraité français doit faire

Argentine : la résidence temporaire de pensionado

Le seuil est fixé à cinq salaires minimums vitaux et mobiles (SMVM) par mois et par demandeur (Disposición DNM 1732/2023, article 5). Avec un SMVM de 391 200 ARS en octobre 2026 (résolution 4/2026), cela fait 1 956 000 ARS. Le montant en dollars qui circule encore sur beaucoup de sites est périmé. La demande se dépose en ligne sur RaDEx depuis le territoire argentin, puis en rendez-vous à Migraciones. Toute la démarche, pièce par pièce, est détaillée dans notre guide de la démarche de résidence pour retraités.

Si vos revenus viennent de loyers ou de dividendes plutôt que d'une pension, c'est la résidence de rentista qui s'applique. Plus tard, la nationalité argentine demande deux ans de résidence légale et continue sans sortie du pays, un cadre contesté devant les tribunaux depuis le DNU 366/2025.

Portugal : pas de visa pour un Français

Un Français est citoyen de l’Union européenne. Selon le portail Your Europe, un retraité qui reste plus de trois mois doit disposer d’une assurance maladie complète et de ressources suffisantes pour vivre sans aide, puis s’enregistrer auprès des autorités locales avec une pièce d’identité. Le visa D7, souvent présenté comme la porte d’entrée des retraités, s’adresse aux ressortissants de pays tiers. Pour un Québécois, le site Portugalist l’indexe sur le salaire minimum portugais, 920 € par mois en 2026. Confirmez ce chiffre auprès du consulat avant de monter un dossier.

Espagne : le certificat d’enregistrement, et le visa non lucratif pour les autres

Le ministère espagnol de l’Intérieur applique la même logique : au-delà de trois mois, un citoyen de l’Union, de l’Espace économique européen ou de Suisse demande un certificat d’enregistrement et justifie de ressources suffisantes et d’une assurance maladie. Le visa de résidence non lucrative est réservé aux ressortissants de pays tiers. Le cabinet Costa Luz Lawyers le fixe à 400 % de l’IPREM, soit environ 28 800 € par an pour une personne seule avec un IPREM de 600 € par mois, plus 100 % de l’IPREM par proche à charge. Vérifiez le montant en vigueur sur le site du ministère des Affaires étrangères espagnol.

Fiscalité de la pension française : le critère qui change tout

Qui taxe la pension dépend de la convention fiscale signée entre la France et le pays d’accueil. Les trois textes ne se ressemblent pas, et celui de l’Argentine renverse la logique habituelle. Les articles cités ci-dessous viennent des versions consolidées publiées sur impots.gouv.fr, lues le 8 octobre 2026.

Argentine : la pension reste imposée en France

La convention a été signée à Buenos Aires le 4 avril 1979 et elle est entrée en vigueur le 1er mars 1981. Un avenant date du 15 août 2001. Son article 18 dit que les pensions et autres rémunérations similaires payées à un résident d’un État « ne sont imposables que dans l’État d’où elles proviennent ». Pour une pension CNAV ou Agirc-Arrco, cela donne la France, même si vous vivez à Mendoza. L’article 19 fait de même pour les pensions publiques : l’État qui les verse les taxe seul.

Une fois votre résidence fiscale transférée, vous êtes non-résident fiscal français. Votre impôt est calculé avec un taux minimum de 20 %, porté à 30 % au-delà de 29 579 € de revenus perçus en 2025. Vous pouvez opter pour le taux moyen, calculé sur votre revenu mondial et appliqué seulement s’il vous est plus favorable. L’administration conseille de toujours cocher cette option.

Votre caisse prélève en outre une retenue à la source de 0 % jusqu’à 17 122 €, de 12 % jusqu’à 49 667 € et de 20 % au-delà, après un abattement de 10 % (barème 2025). La CSG et la CRDS ne sont plus dues après la fin de la résidence fiscale française (Cleiss).

Cette règle ne couvre que les pensions. Assurance-vie, loyers, intérêts et dividendes suivent d’autres articles, et un compte bancaire ouvert en Argentine par un résident fiscal français doit être déclaré (formulaire 3916, 1 500 € d’amende par compte non déclaré). Le fonctionnement de l’impôt argentin pour ces autres revenus est expliqué dans notre page sur la fiscalité en Argentine.

Portugal : la fin du résident non habituel

L’administration fiscale portugaise indique que le régime du résident non habituel (RNH) a été abrogé au 1er janvier 2024. Les personnes déjà inscrites le conservent jusqu’au terme de leurs dix ans. Ce régime ramenait à 10 % l’impôt sur les revenus étrangers (retraite.com, juin 2026). Des sites présentent encore ce taux comme ouvert, ce qui est faux pour un nouvel arrivant. Son successeur, l’IFICI (article 58-A du statut des avantages fiscaux), vise des activités qualifiées : recherche, enseignement supérieur, certaines fonctions dans des entreprises reconnues. Les guides de MCS et de Sovereign Group ne le décrivent pas comme ouvert aux retraités.

Un retraité qui s’installe aujourd’hui relève donc du barème de l’impôt sur le revenu des particuliers (IRS), de 12,5 % à 48 % en 2026, avec une surtaxe de solidarité de 2,5 % au-delà de 80 000 € et de 5 % au-delà de 250 000 € (PwC, revu le 3 octobre 2026). La convention franco-portugaise, modifiée par l’avenant du 25 août 2016, confie les pensions privées à l’État de résidence (article 19). Les pensions publiques restent imposables en France, sauf pour une personne résidente qui a la nationalité portugaise (article 20).

Toits de tuiles du quartier d’Alfama à Lisbonne et le Tage, vus depuis le belvédère de Santa Luzia
Photo : Simon Burchell, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons. Alfama et le Tage, Lisbonne.

Espagne : un barème progressif et un impôt sur le patrimoine variable

La convention franco-espagnole de 1995 suit la même répartition que le Portugal. Les pensions privées sont imposables dans l’État de résidence (article 18) et les pensions publiques dans l’État payeur, sauf pour un résident qui possède la seule nationalité espagnole (article 19). Un résident espagnol est imposé sur ses revenus mondiaux. Le barème de l’État de l’IRPF va de 19 % à 47 % en 2026. Chaque communauté autonome y ajoute son propre barème, et la facture varie d’une région à l’autre (PwC).

L’impôt sur le patrimoine mérite un chiffrage avant de choisir la région. Faute de règle régionale, l’exonération est de 700 000 € de patrimoine net, et la résidence habituelle est exonérée jusqu’à 300 000 €. La déclaration est obligatoire dès que le patrimoine dépasse 2 millions d’euros. Un impôt de solidarité sur les grandes fortunes s’applique à partir de 3 millions d’euros (PwC, revu le 30 juin 2026). Chaque communauté autonome peut modifier ces seuils.

Santé : CFE, formulaire S1 ou prepaga

Argentine : la CFE ou une assurance privée

Le Cleiss précise que la convention de sécurité sociale franco-argentine du 22 septembre 2008 ne permet pas de se faire rembourser par la France les soins reçus en Argentine sur la base d’une pension française. Deux solutions : adhérer à titre volontaire à la Caisse des Français de l’étranger (CFE), ou souscrire une assurance privée. Sur place, beaucoup de résidents prennent une prepaga. Une prepaga d’entrée de gamme coûte 160 à 195 € par mois selon les relevés de notre page sur le coût de la vie, et les hôpitaux nationaux facturent désormais les non-résidents (résolution 1066/2026). Pour comparer, voyez le comparateur d’assurances santé.

Pour vos séjours en France, la prise en charge existe sous conditions : au moins 15 ansd’assurance française, pension versée par un régime de base, et pas d’activité. Le conjoint qui vit à l’étranger n’est pas couvert, et le Cleiss recommande une couverture privée pour ses soins en France.

Portugal et Espagne : le formulaire S1

Un retraité du régime français qui s’installe dans un pays de l’Union demande un formulaire S1 à sa caisse de retraite avant de partir. Il le remet à l’assurance maladie du pays de résidence, qui l’inscrit : les soins sont alors pris en charge dans les conditions du système portugais ou espagnol (Cleiss). Le Cleiss ne délivre pas ce formulaire lui-même. Renseignez-vous auprès de votre caisse sur la couverture exacte dont vous bénéficiez et sur l’utilité d’une assurance complémentaire.

Coût de la vie : Argentine, Portugal, Espagne

Eurostat mesure chaque année l’écart de prix entre pays de l’Union. En 2025, le niveau des prix à la consommation des ménages valait 85,3 au Portugal, 91,1 en Espagne et 106,4 en France, sur une base 100 pour la moyenne européenne. Le détail par poste montre où se creuse l’écart.

Niveau de prix 2025 (UE à 27 = 100)PortugalEspagneFrance
Consommation individuelle des ménages85,391,1106,4
Alimentation et boissons non alcoolisées102,095,3106,8
Logement, eau, électricité, gaz81,198,1120,7
Restaurants et hébergement73,685,4116,0
Transports87,988,1108,2

Source : Eurostat, jeu de données prc_ppp_ind_1, moyennes nationales 2025. Ces moyennes nationales masquent les écarts entre villes et entre régions. Le Portugal est moins cher que l’Espagne sur le logement, la restauration et le total, mais plus cher sur l’alimentation.

L’Argentine n’entre pas dans les statistiques d’Eurostat. Notre estimation, en octobre 2026 à 1 € pour 1 700 ARS (BCRA, 7 octobre), est de 1 500 à 2 000 € par mois pour un retraité en province, et de 1 150 à 1 650 € pour une personne seule à Buenos Aires. Ces budgets additionnent les loyers, les courses et une prepaga d’entrée de gamme. Ils ne comprennent ni les vols ni les impôts. Le détail poste par poste est sur la page du coût de la vie en Argentine.

Le risque est l’instabilité : l’inflation a atteint 33,5 % sur un an en août 2026 (INDEC). Un budget calé aujourd’hui sur le cours du change peut donc se tendre en quelques trimestres.

Le lac du parc général San Martín à Mendoza au crépuscule, avec des palmiers et des promeneurs sur la rive
Photo : Aeveraal, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons. Lac du parc général San Martín, Mendoza.

Vol, langue et climat : à quelle distance de la France

Les horaires publiés donnent 13 h 30 à 15 h de vol direct entre Paris et Buenos Aires, 2 h 10 à 2 h 40 pour Lisbonne et 2 h à 2 h 10 pour Madrid. Ces durées varient selon la compagnie et la saison. En Argentine, il faut donc compter une journée de voyage chaque fois qu’on veut revoir sa famille ou consulter un médecin en France. Au Portugal ou en Espagne, un aller-retour tient dans un week-end.

Un francophone se débrouille plus vite en espagnol ou en portugais qu’en anglais, mais les démarches se font dans la langue du pays : espagnol en Argentine et en Espagne, portugais au Portugal.

Climat : des saisons inversées en Argentine

L’été austral va de décembre à février. À Mendoza, la température maximale moyenne atteint 32,2 °C en janvier et 14,7 °C en juillet, pour environ 220 mm de pluie par an, un climat semi-aride. Lisbonne reçoit 794 mm par an, avec 15,1 °C en janvier et 28,2 °C en juillet (normales 1991-2021). À Alicante, comptez 284,5 mm de pluie, 17,2 °C en janvier et 30,7 °C en juillet (AEMET). Ces valeurs viennent de Wikipédia, qui reprend les services météorologiques nationaux. Elles donnent un ordre de grandeur, pas une prévision.

Argentine, Portugal ou Espagne : lequel choisir selon votre profil

Le Portugal et l’Espagne conviennent à qui veut rester à environ deux heures de vol de la France. Un Français n’y a besoin d’aucun visa, et le formulaire S1 l’inscrit au système de santé local.

L’Argentine demande une résidence de pensionado et un dossier apostillé. En échange, la pension reste taxée en France, au taux minimum de 20 % ou 30 % ou au taux moyen s’il est plus favorable, et le budget en euros dépend d’une monnaie instable. Il faut aussi prévoir une assurance santé privée.

Aucun des trois ne garantit un impôt plus bas. Le Portugal a perdu son régime de faveur, l’Espagne ajoute un barème régional et l’Argentine laisse la pension à l’impôt français. Côté décor, la côte méditerranéenne espagnole et le sud du Portugal s’opposent à Mendoza, Córdoba ou Buenos Aires.

Avant de décider, passez plusieurs semaines sur place, hors saison touristique. Pour l’Argentine, notre guide pour habiter à Mendoza présente la ville.

Questions fréquentes sur la retraite en Argentine, au Portugal et en Espagne

Peut-on toucher sa retraite française en Argentine ?

Oui. La convention de sécurité sociale entre la France et l’Argentine prévoit que les pensions acquises à ce titre sont versées sans réduction, quel que soit le pays de résidence (Cleiss, article 12). Votre caisse vous demandera en général un justificatif d’existence périodique, et la pension reste imposable en France, comme l’explique la section fiscalité de cette page.

Faut-il payer des impôts en Argentine sur sa pension française ?

Pas sur cette pension, si l’on s’en tient au texte. L’article 18 de la convention franco-argentine de 1979 réserve l’imposition des pensions à l’État d’où elles proviennent, donc à la France. Les autres revenus (loyers, intérêts, assurance-vie) ne suivent pas forcément la même règle, et un compte ouvert en Argentine doit être déclaré à l’administration française. Faites chiffrer votre cas avant de partir.

Le Portugal exonère-t-il encore les pensions étrangères ?

Non, pas pour les nouveaux arrivants. Le régime du résident non habituel a été abrogé au 1er janvier 2024 (Autoridade Tributária). Seuls les retraités déjà inscrits en gardent le bénéfice jusqu’à la fin de leurs dix ans. Le régime qui l’a remplacé, l’IFICI, vise des activités scientifiques ou innovantes et pas les pensions. Un retraité qui s’installe aujourd’hui relève du barème progressif de l’IRS, de 12,5 % à 48 % en 2026.

Faut-il un visa pour prendre sa retraite au Portugal ou en Espagne ?

Pas pour un Français : c’est un citoyen de l’Union européenne. Au-delà de trois mois, il faut s’enregistrer auprès des autorités locales en prouvant des ressources suffisantes et une assurance maladie complète (Your Europe). Le visa D7 portugais et le visa de résidence non lucrative espagnol concernent les ressortissants de pays tiers, par exemple les Québécois.

À quel âge peut-on prendre sa retraite en Argentine ?

Pour un salarié argentin, l’ANSES fixe l’âge à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes, avec 30 ans d’aportes. Cette règle ne vous concerne pas : votre âge de départ dépend de votre régime français, et c’est lui qui verse la pension.

Quel est le pays le plus avantageux pour la retraite ?

Aucun ne gagne sur tous les critères. Le Portugal et l’Espagne sont à environ deux heures de la France et s’ouvrent sans visa à un Français. L’Argentine impose une résidence de pensionado et quatorze heures de vol, mais la pension n’y est pas imposée localement. Le budget compte autant que l’impôt : en Argentine, il dépend d’une monnaie instable.